Camii en turc ça veut dire mosquée. Habituez-vous. Ca reviendra, je vous testerai (une prof en vacances a besoin de se rabattre sur quelque chose)
Et les belles et grandes mosquées, à Istanbul, c'est pas ce qui manque, et je ne les ai pas toutes visitées.
En voilà une en tout cas que j'ai beaucoup aimée c'est la Mosquée de Eyüp Sultan.
J'ai déjà aimé le quartier où on était logé: populaire, vivant et avec une vue resplendissante sur la Corne d'Or et une grande partie du côté européen d'Istanbul.
On a marché jusqu'à la mosquée qui est LE lieu le plus saint d'Istanbul et parmi les lieux saints les plus vénérés pour les musulmans. Elle a été construite en l'honneur d'Eyüp el-Ensari compagnon du prophète Mohammed (l'équivalent des disciples de Jésus si vous voulez) qui y serait mort et où on trouve son mausolé.




J'ai une affection particulière pour la photo ci-dessus. Certes elle n'a rien d'exceptionnelle mais le moment était plein de tendresse. Le papa apprenait à son fils à prier. Le petit garçon en casquette observait son père les yeux pleins d'admiration et suivait religieusement tous ses mouvements. C'était beau à voir.
Ils sont sortis main dans la main avec sur le visage du garçon un regard empreint de fierté.
Cette mosquée c'est aussi le lieu où viennent les petits garçons qui fêtent leur circonscision dans des habits de petits princes.
Et visiblement quelques nouveaux mariés resplendissants.
Je me suis laissée prendre par le mélange d'agitation et de religieuse sérennité qui flottait dans l'athmosphère.








(C'est ça la Turquie. Une femme voilée qui lit le coran à côté d'une minette en basket qui pianotte sur son portable tendance)
Ambiance.
Ma note: 3/5 (les 2 pieds dans le plat, mais au moins le plat est intéressant)
Le Topo:
Djeddah, fin des années 80. Naser est un jeune Erythréen de vingt ans que les troubles politiques dans sa terre natale ont forcé à émigrer en Arabie saoudite où, pour gagner sa vie, il lave les voitures.
Là-bas, les femmes sont cachées sous leurs voiles et les hommes ont les pleins pouvoirs. Seule prévaut la justice des riches et des puissants. Naser grandit dans un climat brutal et ses moindres faits et gestes sont épiés par la police religieuse tandis que sa vie est rythmée par les sermons stridents de l'impitoyable imam de la mosquée locale. Jusqu'au jour où il reçoit - sacrilège - un mot d'amour écrit par une inconnue.
Bravant les chefs religieux et politiques, Naser décide de vivre cette passion, tout en sachant qu'il risque sa vie s'il venait à être découvert. Les Amants de la mer Rouge est l'histoire d'un amour interdit, dans une Arabie Saoudite brûlante et tyrannique, une passion universelle et moderne tout à la fois.
Ma rencontre avec le livre:
Quand j'ai su que ce livre était proposé aux bloggeuses en échange d'une critique (système que vous connaissez maintenant) je n'ai pu qu'accepter.
Il est arrivé à Pau. Mum l'a lu dans l'avion qui l'amenait à Istanbul. On l'a amené à Urfa où Aline l'a lu. Quant à moi je l'ai lu entre 2 ou 3 jours.
Mon avis:
Il y a des livres dont on a du mal à parler. Celui-là en fait partie et j'ai attendu presque un mois pour écrire mon avis.
J'ai du mal à construire un raisonnement objectif dessus, vous devrez donc vous contenter d'un méli-mélo entièrement subjectif et encore plus fouilli.
Evidemment d'un livre qui parle d'amour dans une société musulmane et particulièrement en Arabie Saoudite j'attendais pas mal de choses.
Quelque part j'attendais qu'on parle de moi et de mon histoire. Ca n'a pas du tout été le cas donc passons sur cette première déception qui ne concerne que moi et parlons de ce que ce livre apporte à un lecteur basique (à entendre qui n'a pas la relation que j'ai au duo amour/islam).
Indiscutablement, son intérêt principal est de nous plonger dans une société qui nous est très étrangère et peu connue. POur ceux qui connaissent pas ou peu le monde musulman, ici il est décrit dans sa forme la plus politisée et la plus extrême.
On y retrouve le refus de la vie et de ses joies, en bloc, très caractéristique de ce que peut être le fondamentalisme religieux sous toutes les croyances.
C'est visuellement très bien suggéré par ce monde décrit en noir et blanc, où les femmes ne sont que des ombres et les hommes se débattent entre eux dans le monde terne qu'ils ont eux-même créé.
L'apparition de la couleur concorde avec la découverte de l'amour et c'est le début de la lutte entre une société impitoyable et les héros amoureux, accrochés coûte que coûte à la vie.
L'image est percutante et parlera à tous ceux qui craignent ou connaissent peu ces sociétés.
Quant à moi, si j'ai aimé découvrir l'Arabie Saoudite, étouffante, injuste, qui se débat avec elle-même entre droit de vie et diktat de la religion, j'aurais aimé, au delà de cette description intéressant, qu'on me propose une vision moins manichéenne de l'islam et un ton moins mielleux pour parler de l'amour.
J'aurais voulu un livre moins facile, moins cliché parce que c'est un sujet dont je connais la complexité et la profondeur.
Il reste que c'est un livre rapide et aisé à lire. Il a beaucoup plu à ma mère et à sa copine Aline qui l'ont, toutes les 2, lu en quelques jours lors de leur voyage en Turquie.
C'est aussi un manifeste pour le droit au bonheur dans des sociétés asphyxiées à cause de la folie des hommes qui usent et abusent de Dieu pour vous étouffer avec.
A la suite de ce livre je me demande s'il est possible finalement de lire/d'écrire sur l'islam sans que ce ne soit, soit une apologie, soit une dénonciation.
Le relativisme, ça n'a pas l'air d'être une valeur qui marche chez les écrivains.
Tags : arabie saoudite, culture, islam, livre, Moyen-Orient, religion
Comme promis quelques portraits volés (oh la vilaine!) dans les rues d'Urfa ou ses environs.














Et en parlant de portraits je vous conseille ce film franco-libanais qui est en fait une sorte de Vénus Beauté à la libanaise avec une série de portraits de femmes très touchants dans leur unique mélange de force et de faiblesse.
Et puis la musique, les femmes, les couleurs sont superbes.
Caramel (Bande Annonce - Sous-titré français)
envoyé par J00J002007. -
( Et puis vous verrez comment on se fait épiler par ici dans les hammans, c'est tout comme dans le film, sauf que j'ignorais que c'était du caramel) (Bon forcément ça attire déjà moins les mecs....)
Si j'étais pas déjà convaincue de mon attirance pour le Liban, de mon envie de le visiter un jour et mieux d'y vivre (si j'avais plusieurs vies à vivre!) ça aurait été chose faite!
Tags : film
Ma note: 4/5 (un livre qui se dévore avec grand plaisir et dont l'ambiance pleine d'embruns et d'humanité nous suit un moment)
Le Topo:
Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la
Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la
recherche du sujet de son prochain roman.
Comment pourrait-elle
imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va
le lui fournir ?
Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant,
Juliet pénètre son monde et celui de ses amis - un monde insoupçonné,
délicieusement excentrique. Celui d'un club de lecture créé pendant la
guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où,
bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon
grillé (et une tourte aux épluchures de patates...) délices bien
évidemment strictement prohibés par l'occupant.
Jamais à court
d'imagination, le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de
patates déborde de charme, de drôlerie, de tendresse, d'humanité Juliet
est conquise. Peu à peu, elle élargit sa correspondance avec plusieurs
membres du Cercle et même d'autres habitants de Guernesey , découvrant
l'histoire de l'île, les goûts (littéraires et autres) de chacun,
l'impact de l'Occupation allemande sur leurs vies... Jusqu'au jour où
elle comprend qu'elle tient avec le Cercle le sujet de son prochain
roman. Alors elle répond à l'invitation chaleureuse de ses nouveaux
amis et se rend à Guernesey. Ce qu'elle va trouver là-bas changera sa
vie à jamais.
Ma rencontre avec ce livre:
Quand je me suis rendue à la fnac, je savais que je devais choisir avec attention ma sélection à amener en Turquie. J'avais plusieurs titres mais finalement, si j'en ai pris quelques uns de ces titres je me suis baladée entre les rayons et j'ai pioché ici et là des jolies couvertures, des titres accrocheurs, des coups de coeur du libraire, et des titres dont j'avais déjà entendu du bien.
C'est ce qui s'est passé avec celui là. j'avais lu plusieurs avis, tous positifs, sur les blogs de lecture. Il était donc dans mes bras avec ma trop lourde pré-sélection.
Quand je suis allée demander un renseignement à un guichet, la fnacquière (oui, oh....) est partie d'un grand discours ventant ce livre qu'elle avait adoré et donnant son avis sur tous les autres.
Elle ne l'a pas su mais c'est ses commentaires qui en partie ont fait le tri final de ma sélection.
Son enthousiasme l'a emporté et moi j'ai emporté ce bouquin au titre à rallonge dans mes bagages.
Mon avis:
Lu à une vitesse déplorable (ma PAL arrive un stade critique, c'est grave) voilà un livre très réussi, plaisant tant par sa forme épistolaire vive et originale que par son fond : une mosaïque de personnages très attachants qui fait face à l'horreur de la guerre à leur manière unique d'insulaires coupés du monde. Une manière à la fois burlesque, pataude et pleine d'humanité: avec leurs faiblesses, leur tendresse.
On a l'impression que c'est toute l'île de Guernesey qui a souffert et survécu à l'occupation tant on ressent les liens qui uniront ses habitants lors de cette épreuve et longtemps après. Pour le meilleur et pour le pire.
Un moment de lecture très agréable.
Si je recroise cette fnacquière (c'est bon, je sais.....) je lui dirai merci pour ses avis qui ont tous été avisés!
Mon seul avis (très) négatif est que, parmi les habitants de l'île, le seul personnage très très antipathique s'appelle Adélaïde......
Tags : culture, livreHadi (=allez)
La suite.
Que faire à Urfa?
Plus ou moins ce qu'on y a fait. Trainer au bazar, ça c'est fait. S'installer prendre un patlican kebab sur un tabouret au milieu de l'agitation locale, ça c'est fait. Aller au hamam, ça c'est fait. Acheter un tapis, ça c'est fait
.


Mais que disent les guides? Ah oui! Les visites qu'il faut faire. Bon ben c'est parti.
D'abord, ici, quand tu dis que tu vas à Urfa tout le monde te demande si tu vas aller au lac de poisson. "Balikli göl". Alors, toi tu n'as même pas ouvert un guide touristique et tu ne sais absolument de quoi il peut s'agir.
Et puis tu arrives à Urfa et tu comprends.
Il y a ce grand parc, plein de roses et de visiteurs, une source de fraicheur merveilleuse au milieu de la ville quelque peu étouffante.

Et dans ce jardin se trouve un joli plan d'eau, de petits canaux, quelques bassins et fontaines, un vrai bonheur


Et dans ces bassins, effectivement se trouvent des poissons, des carpes plus exactement.
Mais pas 5 ou 6 carpes qui se baladent lascivement dans tout cet espace, non des centaines, de milliers de carpes affamées


qui se jettent sur les ptites granules que leur jettent les très nombreux visiteurs.


Parce que figurez-vous que les bestioles sont sacrées. En effet, Urfa est un lieu important de pélerinage pour les musulmans du pays car y est né le prophète Abraham qui est un prophète qu'ont en commun les chrétiens et les musulmans (avec de nombreux autres prophètes et Jésus). C'est aussi ici que, selon la légende (je copie) Abraham,
qui avait détruit des idoles païennes, devait être
immolé sur ordre du roi Nemrod. C’est alors que survint un
miracle: Dieu transforma le feu en eau, les bûches en poissons et
Abraham s’envola pour atterrir sur un lit de roses. D’où les
jardins pleins de roses, et les deux grands bassins habités par
des carpes bien dodues!
Pour en rajouter on dit que quiconque attraperait une carpe deviendrait instantanément aveugle et ce pour protéger les poissons et leur assurer une vie tranquille de goinfrade aux frais des touristes qui s'en donnent à coeur joie.
Toujours est-il que le jardin est un vrai plaisir à arpenter. De plus il est bordé de mosquées et écoles coraniques paisibles, et aux couleurs miel













La Turquie est un pays jeune, comme toujours les enfants sont partout



Urfa est une ville vraiment agréable pleine de charme et de personnalité mais comme on avait le temps on a quand même décidé d'en sortir pour aller voir les 2 sites connus des environs.
Le premier c'est Göbeklitepe. Un site archéologique étonnant découvert depuis peu. Il s'agirait du plus ancien temple jamais découvert puisqu'il date de entre - 11500 et -10000 avant notre ère soit 70 siècles avant les pyramides égyptiennes soit, bon, très très très vieux quoi.
Notre guide nous a raconté qu'un paysan kurde du coin avait découvert une statue en pierre qui l'avait intrigué. Il l'avait amené jusqu'au musée de Urfa qui l'avaient jeté comme un mal propre. La statue était grossière et représentait un homme avec un pénis vraiment proéminent. Ils ont pensé avoir à faire à un huluberlu (jaffectionne beaucoup de mot) et l'ont renvoyé chez lui. Le pauvre bougre avait déjà bien peiné à apporter la statue qui était lourde et il a décidé de la laisser au musée.
Ce n'est que bien plus tard, quand une équipe un peu plus éclairée est tombée sur la statue qu'ils se sont rendu compte de l'importance du truc et qu'ils sont repartis à la recherche du paysan et du site.
Aujourd'hui le site est encore en partie enseveli et c'est d'autant plus intéressant de le voir comme ça. ca permet d'imaginer ce qui reste à trouver. De comprendre l'ampleur de la découverte.

Des gravures ont survécues à tout ce temps et c'est vraiment impressionnant de se dire les millénaires qu'elles ont traversées pour se présenter aujourd'ui à nos yeux.

Le site situé au sommet d'une colline surplombe la plaine mésopotamienne. On y trouve du vent et donc de la fraicheur, et la beauté du paysage qui s'offre à nos yeux complète agréablement la visite.


Si la zone, à la base très aride, est aujourd'hui cultivable c'est grâce au projet GAP mis en place par Atatürk (évidemment) et qui compte une vingtaine de barrages dans le pays. Hors ce projet est problématique puisqu'il permet à la Turquie de controler l'accès à l'eau de plusieurs de ses voisins et surtout l'Irak et la Syrie qui n'apprécient pas vraiment... Mais je vous en reparlerai à l'occasion.
Bref, ce post n'en finit pas...
POur finir donc, nous sommes allées à Harran ville chargée d'histoire, citée dans la Genèse, où aurait vécu Abraham, où on trouve une belle et majestueuse citadelle aux voutes immenses


Et où les maisons ont des aspects de termitières géantes


Hadi, vite vite, la photo de touristes

Et où on trouve les vestiges d'une mosquée et de la première université coranique du monde musulman

Bon je finis parce que j'en ai marre et vous aussi.
Mais bon vous avez regardé les images et avez compris que Urfa c'est bien!
Pas seulement parce qu'on y mange bien et que le bazar est top mais aussi parce qu'il y a de la Kulture!
Youhou!
Allez-y!
C'est tout pour aujourd'hui.
Tags : Moyen-Orient, photos, turquie, Urfa, voyage