Espece de Bohemienne

"Espèce de bohémienne!" comme me dis souvent mon grand père! Et il n'a pas tort. Pigeon Voyageur, passionnée d'images (de photo et de scrap) et de découvertes en tout genre, ... voila quelques aspects de ma personne que je vais indécemment exhiber ici!!

29 septembre 2008

Arrivée à Ankara

Aie Aie, pas d'internet et une première semaine de boulot et de démarches administratives très chargée m'ont tenue éloignée de ce blog depuis mon arrivée.

Il y a 10 jours, je commençais à douter de partir un jour, à douter de l'existence de l'école qui m'employait. A douter même de l'existence de la Turquie. Tant mon visa semblait ne jamais devoir arriver.
Il est arrivé, finalement, presque sans prévenir. Au consulat j'ai réussi à faire sourire l'impassible responsable des visas grâce au sourire radieux que j'ai affiché quand elle m'a dit :"Bon voyage en Turquie et bon séjour".
2 jours plus tard, je décollais, apercevais les sommets enneigés des Alpes, et puis m'endormais jusqu'à l'arrivée à Istanbul. Vaseuse, devant un espresso hors de prix et un baklava pas terrible

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j'attendais mon avion pour Ankara où je serais accueillie puis hébergée par de futurs collègues.

Le lendemain de mon arrivée: je vais à mon école, rencontre de trop nombreuses personnes pour m'en souvenir, visite moults apparts, me laisse convaincre de prendre une collocation pour quelques temps.
Dans ma première semaine, ce que je vois de mon nouveau pays d'adoption se résume à : appart/école.
Un tour dans le quartier. (MIAM)
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Un test de la cuisine turque un soir, en centre ville, en terrasse. (REMIAM)

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Par chance, la fin du ramadan nous offre une semaine de vacances, déjà! Je vais donc avoir le temps de prendre mes marques, visiter la ville, trouver un hamman (petit clin d'oeil...), récupérer de cette première semaine intense, dévaliser les patisseries du coin, commencer à chercher un autre appart avec vue sur la ville, Inchallah.

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Bref. Je me lance. Donnez moi un peu de temps.

Et puis, puisque vous insistez: quelques premières photos de la grande (très grande!) mosquée d'Ankara,

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à l'intérieur somptueux, évidemment,

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un soir, à l'heure où on rompt le jeûne du ramadan. Les hommes d'un côté, les femmes de l'autre.

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A bientôt


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23 septembre 2008

Suıs arrivee STOP pas le temps d ecrire STOP pas encore internet STOP
Tout va bien STOP
Ce weekend InchAllah STOP

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19 septembre 2008

Dire aurevoir, c'est un peu retrouver son premier regard

Quand j'étais au Japon j'avais rencontré Suresh. Suresh est né en Inde mais il vit depuis des dizaines d'années à New York. Qu'il adore.

Il m'a révélé que, de temps en temps, avec des amis, ils parcouraient la ville en se disant qu'ils allaient partir le lendemain. Ils redécouvraient le plaisir de savourer la ville, de s'étonner, de s'émouvoir, de la regarder d'un oeil neuf et amoureux ^^

Ce matin, j'ai marché dans Paris.
Il faisait beau, mais frais. L'automne est arrivé. Je me suis emmitouflée dans mon écharpe. J'ai pris un café à emporter et un croissant au beurre que j'ai dégusté en rentrant, d'un pas nonchalant, à la maison.
Au parc des Batignolles, les petits bonhommes en vert de la mairie soufflaient les premières feuilles mortes de l'automne. J'ai levé la tête pour regarder les rayons se faufiler entre les branches.
J'ai souri.
Paris est belle.
J'ai mon visa et mon billet. Dans 2 jours je serai à Ankara.
Inch'Allah.



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18 septembre 2008

Livre : Un jour avant Pâques by Zoyâ Pirzâd

 

 

 

 

Un jour avant PâquesMa note: J'aime tout simplement 3/5

 

Le topo: Au bord de la mer Caspienne, un jeune garçon découvre les prodiges minuscules de l'univers, comme la visite d'une coccinelle ou les joies et jeux de l'enfance avec son amie Tahereh. Lui est Arménien. Elle, fille du concierge musulman de l'école.

 

Ainsi se côtoient dans la petite communauté arménienne, entre l'église, l'école et le cimetière, chrétiens et musulmans, crispations anciennes et libres aspirations.

 

Pâques, c'est la fête des œufs peints, des pensées blanches, des pâtisseries à la fleur d'oranger.

 

C'est aussi l'occasion d'allers et retours entre passé et présent, entre Téhéran et le village de l'enfance - tout un quotidien dessiné ici avec virtuosité, un art précieux du détail et beaucoup de finesse.

 

 

Mon avis: A quelques jours de mon départ, tant attendu, en Turquie, il n'était pas étonnant que je craque pour ce joli livre d'une écrivain arménienne.
C'est toute cette région du Moyen-Orient qui m'attire. L'Arménie, en plus, m'intéresse par son histoire, par l'histoire de son peuple que représente pour moi le grand monsieur qu'est Aznavour, par son exception religieuse dans la région, par le pays en lui même et les paysages que je lui devine, par le voyage que j'y ferai InchAllah un jour...
Au hasard d'une balade improvisée en librairie, je me suis donc laissée tenter par l'occasion qu'était ce livre de découvrir la littérature arménienne et sur l'Arménie.

 

Et j'ai bien fait.
Le livre est divisé en 3 parties qui évoquent chacun 3 moments de la vie du narrateur, réfugié arménien en Iran, à différents moments de sa vie, mais toujours quelques jours avant Pâques.
Ces 3 parties sont l'occasion de découvrir les femmes qui ont été importantes au cours de sa vie: sa meilleure amie d'enfance, musulmane et son premier amour ; sa femme douce et conformiste ; sa fille qui veut épouser un "persan": un non-arménien ; sa mère indifférente à la pression de sa communauté arménienne ; sa grand-mère rigide ; sa collègue : sa dernière confidente.
L'occasion aussi de découvrir son petit village natal au bord de la Mer Caspienne, et plus tard la ville cosmopolite de Téhéran.

 

Le thème du sentiment d'appartenance à son peuple/pays m'est cher. Sur fond de souvenir du génocide, à renfort de rédactions sur les "devoirs envers notre pays", à force de vénérer la seule dame du village à avoir connu, "en vrai", l'Arménie,... ce livre est aussi un Voyage au coeur de la communauté arménienne exilée qui tente de préserver son identité à tout prix.

 

C'est un roman court et sensible, qui a en plus, pour qualité de nous faire découvrir l'Iran sous un angle particulier et intéressant.  

 

Voir mes autres critiques.

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17 septembre 2008

Scrap de potes de fac

Allez, j'ai scrappé, simple et rapide, mais quand même 2 pages:
Ma bande de potes de fac élargie par les femmes et conjoints de tout le monde. C'est toujours un plaisir de passer du temps avec vous les cocos!!
Bises

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Et puis, je viens d'acheter un carnet que je vais garder dans mon (déjà énorme) sac pour y écrire mes débuts d'articles, mes critiques de bouquins, mes idées, mes notes quotidiennes du projet 365... bref tout ce qui pourra alimenter le blog.
Je lui ai fait une couverture que je vais imprimer demain, coller sur le cahier avant de le couvrir.

blog_notes_copie

Je vous montrerai.

Si ça vous dit bien sur.

Pour finir, un énorme merci à Vickylili qui n'a résisté à la tentation d'utiliser les photos de ma Môman pour en faire une page très rock & roll! Merci ma belle!

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16 septembre 2008

Pour la démocratisation de la culture

Ils nous diront ce qu'on veut, une place de concert à 30 euros, le ciné à 9 euros, ...elle est où exactement la démocratisation de la culture?

Je me rends compte, après ces 3 jours de "rentrée du cinéma" où les séances étaient à 3 euros 50 que ça change la vie.
Partons d'un postulat simple. J'ai 10 euros en poche.
Si la place de ciné est à 10 euros. Et bien je ne les dépense pas. Je n'y vais pas. Sentiment de me faire arnaquer. Je reste chez moi et télécharge le film que je vais regarder entre amis.
Si j'ai 10 euros mais que les séances sont à 3euros 50 je vais au cinéma et dépense finalement plus que 10 euros.


Aller au cinéma est un plaisir aujourd'hui inabordable pour bien des gens.

Si les places étaient moins chères, je suis persuadée que les gens dépenseraient davantage dans la culture et que ce serait positif à la fois pour les usagers et pour les industries cinématographiques et autre.

Alors? A quand une vraie démocratisation du cinéma? Et de la culture en général?


Quant à moi et bien j'ai bien profité du cinéma et y suis retournée aujourd'hui pour voir:
Le sel de la mer: 3/5

 

Le sel de la mer - Bande annonce

 

Un film  indépendant tout en douceur, en délicatesse, en finesse, sur une jeune américaine d'origine palestinienne qui décide de découvrir ce pays dont elle a toujours rêvé, d'y récupérer l'argent de son grand père et ses racines.
On sent petit à petit en soi, monter la rancoeur de l'héroïne face à l'occupation israëlienne, on aborde avec intelligence la question de l'appartenance culturelle, on parle d'honneur et d'amour, on lutte aussi pour vivre librement, sourit, on prend des bols d'airs, craint les controles de police, et puis ressort, songeur.

 

 

 

A voir. Tellement meilleur que ce qu'on nous sert comme niaiseries en ce moment.

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La rentrée du cinéma et annonce officielle

iDepuis hier et jusqu'à demain c'est la rentrée du cinéma : 3 jours où les tickets sont à 3 euros 50. Ca vaut le coup! Du coup je me suis fait 4 films dont 2 supers que je me dois de vous conseiller vivement:

 

Le premier jour du reste de ma vie: 4/5

 Le premier jour du reste de ma vie est un film qui touche du doigt, en 5 épisodes centrés successivement sur chacun des 5 membres d'une famille, le coeur de ce qu'est une famille dans les bons moments, et dans les difficultés. Et c'est beau.

 


Le Premier jour du reste de ta vie : BA 1


Comme les autres: 4/5

Traite avec subtilité et sensibilité de la question de l'homoparentalité. Etre parent pour un couple d'homosexuels, ce que ça signifie, les difficultés que ça comporte,...

Sans jamais prendre le chemin de la facilité c'est un belle porte pour ouvrir les esprits de tout le monde sur l'envie d'être parent, malgré son orientation sexuelle. Un bon film.

 


"Comme les autres" (bande annonce)


Annonce officielle

(non c'est pas un film, c'est vraiment une annonce officielle)

Puisqu'on parle famille, parentalité, c'est l'occasion pour moi de vous annoncer ce que j'avais déjà sous entendu et qui avait été relevé par certains.

La plupart de mes proches le savent, mais pas tout le monde, alors voilà: j'ai décidé d'adopter.

Pas demain. Je sais que ça va être un parcours long, éprouvant surement, grandissant certainement.

La raison est toute simple: l'envie d'être maman. Sans avoir envie de concevoir à tout prix, ou avec n'importe qui. Pas non plus d'attendre que les choses viennent. Qui sait si elles viendront. Ou quand.

Et face à ceux qui me disent qu'adopter "c'est pas pareil", que de "faire son propre enfant", je dirais simplement qu'être une famille ça ne se fait par un partage de gênes, ou de sang.

C'est l'envie d'être une famille qui fait que l'on en est une.

 

Alors voilà. Je dois encore attendre un an avant d'avoir l'âge de commencer les procédures administratives. Je sais qu'en tant que femme célibataire, et expatriée qui plus est, c'est un long chemin que je vais entreprendre, mais je n'ai même pas peur! Et je suis patiente!

Sans transition aucune (j'assume), les 2 autres films que j'ai vu:

 


Gomorra: 1/5

 


Gomorra - Bande-annonce

Le 1 c'est pour l'intérêt du thème du film: fascinant. Et pour le choix intéressant de nous faire suivre plusieurs personnages, en parallèle, relativement communs, mais embarqués, englués dans ce climat mafieux jusqu'au cou.

 

Les 4 points manquants sont dans l'ennui terrible qui m'a assaillit très rapidement, et qui ne m'a plus laché. J'ai dormi, roupillé, somnolé, compté les secondes. Si je n'avais pas eu la brillante idée de m'asseoir en plein milieu de ma rangée, je me serais levée et serais partie. D'autant que ça dure près de 2h30. L'horreur. On ne s'accroche à aucun personnage, on se demande même un long moment s'il y en a de récurrents. L'image m'a semblait longtemps floue, vascillante. Etait-ce un choix artistique ou mes yeux qui tombaient? De longs silences.

Je ne suis pas friande de films au rythme frénétique, mais là, c'était à mourir.

 


Mirrors: 1/5

 

EMbarquée par Copain Chéri. Je lui avais dit "choisis le film que tu veux", préférant subir un mauvais film avec lui que de me gacher le plaisir d'un bon film avec lui à côté qui ricane ou râle (on a pas du tout les mêmes gouts)

 

Ca n'a pas loupé.

FIlm d'horreur. Peut être bon dans sa catégorie, j'en sais rien, j'aime pas les films d'horreur.

Le seul point de ma note c'est pour le héros: Jack Bauer, enfin le même acteur que Jack dans 24 heures chrono que j'aime d'amour et de folie.

Oh Oui! Jack sauve moi encore une fois l'Amérique!

 

 


MIRRORS - BANDE ANNONCE VO


 

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15 septembre 2008

la hausse des prix

J'm'en tape.
Et de vous tous aussi: pauvres et fils de pauvres, crèves-la-dalle, galériens, galeux et autres va-nu-pied.
J'm'en fous de vous.

Vous avez faim? Ben c'est que vous l'avez bien cherché!

IMG_0334

Heu, non c'est pas vrai, c'était juste pour le thème de la Rédac du mois:  La hausse des prix.

L'esprit de l'homme situé dans la bannière de gauche s'est subtitué au mien.

D'autres bloggueurs s'y sont surement pris plus finement que moi( faut dire que je m'y suis mise à la dernière minute) (qui a dit: "comme d'habitude"?)

Laurent, Olivier, Noelia, Bergere, Bertrand, JvH, Hibiscus, Anne, Julien, Looange, V à l'ouest, Jo Ann v, William, Catie, Nanou, Cecfrombelgium, Julie70, Gazou, BlogBalso, Lydie, Lucile, Optensia, Joël, Linda, Julie, Ckankonvaou, Lodi, Mahie, Brigetoun, Renée, Mouton, Agnes, Laetitia, MissBrownie, Karmichette, Rikard, Dung, Pivoine Merlin, Sandrine,

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11 septembre 2008

Post Secret

J'avoue.

Je suis une véritable accro au net.
Avant, j'aimais surfer, découvrir de nouveaux sites beaux, intéressants,... Mais je devenais vite frustrée et fatiguée de devoir aller les revisiter régulièrement pour tomber sur de nouveaux messages, ou pas.
Je ne devenais donc jamais inconditionnelle d'un site ou d'un autre, et ils finissaient, chacun à leur tour, par tomber aux oubliettes.
Mais depuis que j'ai découvert comment utiliser les flux RSS pour suivre des centaines de sites, ou blogs à la fois, je m'en donne à cœur joie.
Mon netvibes déborde de blogs de fille, de cuisine, de bouquins, de voyages, de photos...
Et aujourd'hui je veux en partager un avec vous pour plusieurs raisons.

1. C'est un projet à la fois artistique, introspectif, anonyme et d'une ampleur internationale.
2. Je viens de découvrir qu'un blog français a pris le relais pour les non anglophones
3. Chaque semaine, je suis touchée, émue, surprise, ...

Il s'agit de PostSecret: "PostSecret est un projet artistique qui permet à n'importe qui de partager ses secrets en les écrivant sur une carte postale de façon créative et anonyme et de les envoyer par la poste. 

PostSecret est un projet artistique communautaire. Sans les secrets du public, PostSecret n’existerait pas."

Le site français est encore bien neuf. Les secrets débutent. Ils ne sont pas aussi riches que la version anglophone qui reçoit aujourd'hui entre 1000 et 2000 "secrets" par semaine.

Les secrets ne doivent pas forcément être "graves" ou importants, ils doivent simplement être de vrais secrets. Quelque chose que vous n'ayez jamais dit à personne avant.

C'est toujours un bonheur que de découvrir les "secrets du dimanche" sur le blog: des pépites de créativité, des mots touchants, percutants, ou amusants.


Et puis, ça laisse imaginer une carte qu'on pourrait nous aussi envoyer, un jour peut être.

Je voulais partager avec vous ce site, parce que j'aimerais que ce projet soit mieux connu en France, qu'il prenne de l'envergure.

Voilà le site en anglais et ici en français

Vous pouvez y voir les sélections hebdomadaires, y apprendre plus de choses sur le projet, son histoire, sa philosophie, comment y participer,...

Et une vidéo explicative avec des sous titres français.


 

 

PostSecret arrive en France. Partagerez-vous le votre ? 

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10 septembre 2008

La fausse veuve de Florence Ben Sadoun

Avoir un blog, c'est bien.
Parce que figurez-vous qu'on reçoit des cadeaux.

Bon bien sûr à des fins commerciales.
On est une vitrine. On est une façon tangible d'utiliser le bouche à oreille jusque là si peu accessible aux publicitaires.

C'est donc en tant que modeste actrice du bouche à oreille français, qu'on m'a proposé de recevoir un livre. Gratis. Un beau livre. Un nouveau livre de la rentrée littéraire. Avec une belle couverture agréable à caresser (important, le "toucher" dans un bouquin), une mise en page sobre et aéré. Bref un bel objet que voici:

la_fausse_veuve

La problématique de l'aspect commercial m'a posé problème. Je hais la pub. Elle m'agresse. Elle me prend pour une conne. Elle me réduit à un être consommateur et stupide. Elle veut dicter ma vie. Elle envahit mon espace visuel, auditif.
Je la hais.


M'enfin un beau bouquin gratuit... heu.... Quand même. Serais-ce là le faible prix de ma conscience?
Et bien oui.

J'ai accepté le livre, mais je n'ai pas pour autant vendu mon âme au diable. J'ai la liberté de dire que je l'ai aimé ou pas.
La liberté même de le conseiller ou de le déconseiller.
Et si je veux jeter tout mon fiel et ma rancœur dessus, j'ai aussi le droit.
Je sais que cette marge de manœuvre est illusoire. Puisque plus que ce qu'on en dit, c'est le fait qu'on en parle, en masse, qui va booster les ventes. Et justement ce livre à été offert à toute blogueuse susceptible de lire. Donc on en parle de partout. Un vrai matrage bloguesque.
Mais cette liberté m'est presque suffisante. Plutot que de subir la pub, j'ai mon mot à lui dire. De passive, je deviens active, avec mon esprit critique intact.

Je me suis engagée à en écrire une critique, sincère ainsi la voilà, comme à mon habitude.

Le topo:

Aujourd'hui je suis plus vieille que toi alors que j'avais neuf ans de moins que vous... " Ainsi commence La Fausse Veuve. Tutoyant et vouvoyant dans la même phrase son amant disparu, l'héroïne lui raconte, et nous raconte, dix ans après, l'histoire qui leur a été volée. Ce que furent leur amour, leurs moments de bonheur, et aussi le désespoir, leurs muets tête-à-tête à l'hôpital quand, victime d'un grave accident cérébral, il s'écroule, et se réveille paralysé et privé de parole. Face au drame du " locked-in syndrome ", face à la destinée légendaire d'un personnage que les médias se sont approprié, une femme n'oublie pas qu'il était un homme. Comment se parler d'un souffle ? Comment s'aimer sans se toucher ? Comment lire les battements d'un cœur au rythme d'un battement de paupières ? C'est ce chemin escarpé, compliqué, et parfois très éloigné du deuil, qu'on suit dans ce roman en s'arrêtant sur les cases de l'enfance, en reculant sur celles de l'amour et de la religion, et en sautant à pieds joints sur celle de la mort comme au jeu de la marelle.

Mon avis:
Ca risque d'être long parce que la lecture de ce livre a, pour moi, été problématique sur plusieurs points.

Vous avez vu le film ou lu le livre "Le Scaphandre et le Papillon"? Livre de cet homme, complètement paralysé, qui l'a écrit à force de clignement de son seul oeil encore valide.
C'est de lui qu'il s'agit. Je ne l'ai ni lu, ni vu, mais j'en ai, évidemment entendu parlé.
L'auteure de "la fausse veuve" a été l'amante, l'autre femme, de cet homme et est donc devenue, à sa mort "la fausse veuve".

Je trouve l'histoire fascinante. J'aurais pu accrocher. Mais le style m'a complètement rebuté.

La forme:

Il y a d'abord cet alternance systématique entre le tu et le vous. Non seulement ça n'apporte rien, mais ça gêne la lecture. On balance d'un pied sur l'autre, sans finalement rentrer dans le texte.

Et puis des mots comme "en live" et autres petites expression de djeuns qui ne s'intègre pas du tout au style général du reste du texte et qui, en plus, mis entre guillemet pue à 100 lieue à la ronde une recherche forcée d'un style. Style qui, du coup, semble laborieux.

Et que dire de la construction du récit? Elle alterne les chapitres sur son enfance, ceux sur sa vie avec cet homme avant et après l'accident, ceux sur son ressentiment envers l'hôpital, les médias, la famille...
Sans aucune évolution, harmonie. Les retours fréquents en arrières sont cahotiques et n'apportent souvent rien.
On assiste à une juxtaposition peu pertinente de moments de sa vie. Sans introspection.

C'est bordélique et l'écriture est médiocre.
Ex: "On était au mois d'août et la climatisation ne risquait pas de trouer la couche d'ozone"

J'ai parfois l'impression qu'elle écrit comme j'écris à mon journal intime. D'un jet. En superposant, présent, passé, futur, rancœur, amour, nostalgie, dans un lourd effet stylisé.
(Heu oui, oui j'écris comme ça dans mon journal intime, c'est souvent pathétique dailleurs, amsi au moins je le publie pas!)


Le fond:

Je ne suis pas non plus complètement négative sur ce livre. J'ai, à de (rares) (bons) moments, réussi à être touchée par cette femme qui lache parfois des perles de bonheur, de douceur ou de douleur, au hasard d'une ligne.
C'est ce qui fait dire à certains qu'on est mal à l'aise d'être ainsi mis face aux sentiments les plus personnels de cette femme. Pour moi, c'est le seul intérêt de ce livre.
Oui Madame Ben Sadoun, un lecteur lit pour s'approprier une autre vie. Si vous le supportez si mal, si vous le vivez comme un viol, et je le comprends, pourquoi réitérez-vous l'expérience en écrivant ce livre?

C'est contradictoire et ça met le lecteur dans une position ambigüe: accepter ou pas d'être touchée cette femme qui ne veut surtout pas qu'on s'identifie à elle.

Moi non plus je ne voudrais pas qu'on dissèque les moments les plus durs de ma vie autour d'une coupe de champagne avant de parler des derniers résultats sportifs. Alors, je ne publierai pas un livre sur ma vie.
C'est facile!


Conclusion

Le style est destabilisant, il empêche l'identification, la compréhension, mais je crois justement que c'est ce que l'auteure a voulu.

Je ne pense pas qu'elle voulait émouvoir. Même pas toucher ou interpeller. Juste dire son orgueil et sa douleur de femme amoureuse et blessée.

Dire, sans se livrer. Mais dans ce cas on en fait pas un livre.
Enfin moi ce que j'en dis.

Ma note: 2/5

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