Espece de Bohemienne

"Espèce de bohémienne!" comme me dis souvent mon grand père! Et il n'a pas tort. Pigeon Voyageur, passionnée d'images (de photo et de scrap) et de découvertes en tout genre, ... voila quelques aspects de ma personne que je vais indécemment exhiber ici!!

04 décembre 2009

Région de Van 1 : Un mariage kurde

Je traine, c'est que ça prend du temps de mettre à jour ce blog et que je vadrouille pas mal en ce moment (et je ne m'en plains pas) mais j'ai passé une semaine tellement géniale dans la région de Van et de son lac à l'extrême est de la Turquie que je dois quand même vous en parler, même en retard, même brièvement, même mal!

Alors voilà : une semaine de vacances surprise pour cause de nombreux cas de grippe porcine dans la région d'Ankara, c'était l'occasion rêvée pour Karine et moi de partir vers cette région proche de l'Iran qui nous appelait chacune depuis un moment (oui, il y a des régions qui appellent! C'est comme ça!)

Van

Averties de ces congés surprises le dimanche soir (alaturca...comme on dit hein!) le lundi matin on saute dans un avion pour Van. Je vous parlerai plus tard de la région, de son lac, du palais d'Ishak Pasa, du mont Ararat (que des lieux mythiques)... pour parler d'un moment clé des vacances. Alors que nous avions repris la route qui nous ramenait de la région du mont Ararat vers le lac de Van, nous croisâmes (n'est-ce pas!), au milieu de... franchement rien, un village en bord de route. Musique, couleurs, danses... notre vilaine curiosité nous forçat à nous ranger sur le bord de la route (de toute façon déserte) et d'aller trainer nos vilaines baluches  de touristes jusqu'à la fête!


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A peine arrivées dans le village on nous souhaite la bienvenue de partout! On est arrivé en plein dans un mariage kurde. On a été accueilli, tout simplement, sans se poser de questions, simplement parce qu'on était là, on nous a fait danser, manger, observer la cérémonie... Les enfants nous on a fait une fête du tonnerre et ça a été une joie de pouvoir baragouiner avec eux. C'est dans ces moments là que nos cours de turc prennent tout leur sens. Pas obligées de se contenter d'hocher la tête et de sourire, on parle, on se rencontre, on se pose des questions, on répond aux leurs... un super moment de fête et de partage!

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Je pourrais vous raconter la cérémonie, la remise des cadeaux sous forme de billets ou de médaillons en or, la tronche de la mariée, le menu, les hommes qui mangent avant les femmes, les enfants qui débattent de leur identité (turque et/ou kurde), du notable du coin qui vient nous parler en anglais cassé, ... c'est vrai. Je pourrais et ce serait surement très intéressant, mais je préfère vous faire partager par quelques images la bonne humeur de ces quelques heures pleines de sourire quelque part, un moment, hors du temps perdu au milieu de la steppe anatolienne!


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Un moment, simplement, beau.

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13 juillet 2009

Livre: Le roi d'Afghanistan ne nous a pas mariés de Ingrid Thobois

le_roi_d_afghanistan Ma note : 4/5 (ce que j'aurais pu/voulu écrire, mais en beaucoup mieux)

Le topo:

Composé par une jeune femme de vingt-cinq ans, ce premier roman sensible et ténu est le récit d’une passion double: pour un pays et pour un homme. Il est imprégné des mille couleurs et odeurs de l’Afghanistan, terre violente et envoûtante où l’amour peut germer.

Ma rencontre avec le livre:

Voilà un livre qui m'avait accroché par son titre il y a quelque temps sur la toile. On imagine tout plein de choses à la lecture d'un titre pareil. Je me suis, tout de suite, imaginée un destin extraordinaire où se mêlent la passion, l'aventure, les milles et unes nuits, la route, l'Orient...

J'ai retrouvé par hasard ce livre à la bibliothèque du quartier alors que j'avais la charge de sélectionner les livres que toute la famille va lire cet été. (La ceuillette a été bonne d'ailleurs).Et voilà.

Mon avis:

C'est un livre qui parle d'amour. D'amour pour un homme. Et d'amour pour un pays qui est l'Afghanistan.

"On dit que le grand amour est un voyage" raconte la 4eme de couverture. Et c'est vrai. Et c'est peut être pour ça que je suis tout autant amoureuse du voyage que de l'amour.

Certains diront que le style est saccadé parce qu'on passe indiféremment d'un amour à l'autre.
POur ma part, je me suis complètement laissée embarqué par cette analogie et happée ce livre.
La fascination de l'auteur pour l'Afghanistan où elle a enseigné le français (...) se développe et s'épanouit, s'envole au fil des pages. C'est très très bien écrit et terriblement contagieux.
L'histoire d'amour, elle, à l'inverse, s'affaisse, et atteint son point de chute dans une rencontre pleine de poésie avec le roi d'Afghanistan.

Ce livre est un voyage. Ingrid Thobois a un parcours qui ne me laisse pas indifférente et un talent que j'envie pour conter son amour du voyage et la passion amoureuse.
Contente de l'avoir lue.
Je suivrai ses publications. Voilà quelques liens pour en apprendre plus sur elle.

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13 juin 2009

Livre: Les amants de la Mer Rouge de Sulaiman Addonia

Les Amants de la Mer RougeMa note: 3/5 (les 2 pieds dans le plat, mais au moins le plat est intéressant)

Le Topo:

Djeddah, fin des années 80. Naser est un jeune Erythréen de vingt ans que les troubles politiques dans sa terre natale ont forcé à émigrer en Arabie saoudite où, pour gagner sa vie, il lave les voitures.

Là-bas, les femmes sont cachées sous leurs voiles et les hommes ont les pleins pouvoirs. Seule prévaut la justice des riches et des puissants. Naser grandit dans un climat brutal et ses moindres faits et gestes sont épiés par la police religieuse tandis que sa vie est rythmée par les sermons stridents de l'impitoyable imam de la mosquée locale. Jusqu'au jour où il reçoit - sacrilège - un mot d'amour écrit par une inconnue.

Bravant les chefs religieux et politiques, Naser décide de vivre cette passion, tout en sachant qu'il risque sa vie s'il venait à être découvert. Les Amants de la mer Rouge est l'histoire d'un amour interdit, dans une Arabie Saoudite brûlante et tyrannique, une passion universelle et moderne tout à la fois.

Ma rencontre avec le livre:

Quand j'ai su que ce livre était proposé aux bloggeuses en échange d'une critique (système que vous connaissez maintenant) je n'ai pu qu'accepter.

Il est arrivé à Pau. Mum l'a lu dans l'avion qui l'amenait à Istanbul. On l'a amené à Urfa où Aline l'a lu. Quant à moi je l'ai lu entre 2 ou 3 jours.

Mon avis:

Il y a des livres dont on a du mal à parler. Celui-là en fait partie et j'ai attendu presque un mois pour écrire mon avis.
J'ai du mal à construire un raisonnement objectif dessus, vous devrez donc vous contenter d'un méli-mélo entièrement subjectif et encore plus fouilli.

Evidemment d'un livre qui parle d'amour dans une société musulmane et particulièrement en Arabie Saoudite j'attendais pas mal de choses.
Quelque part j'attendais qu'on parle de moi et de mon histoire. Ca n'a pas du tout été le cas donc passons sur cette première déception qui ne concerne que moi et parlons de ce que ce livre apporte à un lecteur basique (à entendre qui n'a pas la relation que j'ai au duo amour/islam).

Indiscutablement, son intérêt principal est de nous plonger dans une société qui nous est très étrangère et peu connue. POur ceux qui connaissent pas ou peu le monde musulman, ici il est décrit dans sa forme la plus politisée et la plus extrême.

On y retrouve le refus de la vie et de ses joies, en bloc, très caractéristique de ce que peut être le fondamentalisme religieux sous toutes les croyances.
C'est visuellement très bien suggéré par ce monde décrit en noir et blanc, où les femmes ne sont que des ombres et les hommes se débattent entre eux dans le monde terne qu'ils ont eux-même créé.
L'apparition de la couleur concorde avec la découverte de l'amour et c'est le début de la lutte entre une société impitoyable et les héros amoureux, accrochés coûte que coûte à la vie.
L'image est percutante et parlera à tous ceux qui craignent ou connaissent peu ces sociétés.

Quant à moi, si j'ai aimé découvrir l'Arabie Saoudite, étouffante, injuste, qui se débat avec elle-même entre droit de vie et diktat de la religion, j'aurais aimé, au delà de cette description intéressant, qu'on me propose une vision moins manichéenne de l'islam et un ton moins mielleux pour parler de l'amour.

J'aurais voulu un livre moins facile, moins cliché parce que c'est un sujet dont je connais la complexité et la profondeur.

Il reste que c'est un livre rapide et aisé à lire. Il a beaucoup plu à ma mère et à sa copine Aline qui l'ont, toutes les 2, lu en quelques jours lors de leur voyage en Turquie.
C'est aussi un manifeste pour le droit au bonheur dans des sociétés asphyxiées à cause de la folie des hommes qui usent et abusent de Dieu pour vous étouffer avec.

A la suite de ce livre je me demande s'il est possible finalement de lire/d'écrire sur l'islam sans que ce ne soit, soit une apologie, soit une dénonciation.
Le relativisme, ça n'a pas l'air d'être une valeur qui marche chez les écrivains.

 

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29 mai 2009

Urfa, la glorieuse (2/3)

Hadi (=allez)
La suite.

Que faire à Urfa?
Plus ou moins ce qu'on y a fait. Trainer au bazar, ça c'est fait. S'installer prendre un patlican kebab sur un tabouret au milieu de l'agitation locale, ça c'est fait. Aller au hamam, ça c'est fait. Acheter un tapis, ça c'est fait

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Mais que disent les guides? Ah oui! Les visites qu'il faut faire. Bon ben c'est parti.
D'abord, ici, quand tu dis que tu vas à Urfa tout le monde te demande si tu vas aller au lac de poisson. "Balikli göl". Alors, toi tu n'as même pas ouvert un guide touristique et tu ne sais absolument de quoi il peut s'agir.
Et puis tu arrives à Urfa et tu comprends.

Il y a ce grand parc, plein de roses et de visiteurs, une source de fraicheur merveilleuse au milieu de la ville quelque peu étouffante.

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Et dans ce jardin se trouve un joli plan d'eau, de petits canaux, quelques bassins et fontaines, un vrai bonheur

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Et dans ces bassins, effectivement se trouvent des poissons, des carpes plus exactement.
Mais pas 5 ou 6 carpes qui se baladent lascivement dans tout cet espace, non des centaines, de milliers de carpes affamées

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qui se jettent sur les ptites granules que leur jettent les très nombreux visiteurs.

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Parce que figurez-vous que les bestioles sont sacrées. En effet, Urfa est un lieu important de pélerinage pour les musulmans du pays car y est né le prophète Abraham qui est un prophète qu'ont en commun les chrétiens et les musulmans (avec de nombreux autres prophètes et Jésus). C'est aussi ici que, selon la légende (je copie) Abraham, qui avait détruit des idoles païennes, devait être immolé sur ordre du roi Nemrod. C’est alors que survint un miracle: Dieu transforma le feu en eau, les bûches en poissons et Abraham s’envola pour atterrir sur un lit de roses. D’où les jardins pleins de roses, et les deux grands bassins habités par des carpes bien dodues! 
Pour en rajouter on dit que quiconque attraperait une carpe deviendrait instantanément aveugle et ce pour protéger les poissons et leur assurer une vie tranquille de goinfrade aux frais des touristes qui s'en donnent à coeur joie.

Toujours est-il que le jardin est un vrai plaisir à arpenter. De plus il est bordé de mosquées et écoles coraniques paisibles, et aux couleurs miel

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La Turquie est un pays jeune, comme toujours les enfants sont partout

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Urfa est une ville vraiment agréable pleine de charme et de personnalité mais comme on avait le temps on a quand même décidé d'en sortir pour aller voir les 2 sites connus des environs.

Le premier c'est Göbeklitepe. Un site archéologique étonnant découvert depuis peu. Il s'agirait du plus ancien temple jamais découvert puisqu'il date de entre - 11500 et -10000 avant notre ère soit 70 siècles avant les pyramides égyptiennes soit, bon, très très très vieux quoi.

Notre guide nous a raconté qu'un paysan kurde du coin avait découvert une statue en pierre qui l'avait intrigué. Il l'avait amené jusqu'au musée de Urfa qui l'avaient jeté comme un mal propre. La statue était grossière et représentait un homme avec un pénis vraiment proéminent. Ils ont pensé avoir à faire à un huluberlu (jaffectionne beaucoup de mot) et l'ont renvoyé chez lui. Le pauvre bougre avait déjà bien peiné à apporter la statue qui était lourde et il a décidé de la laisser au musée.

Ce n'est que bien plus tard, quand une équipe un peu plus éclairée est tombée sur la statue qu'ils se sont rendu compte de l'importance du truc et qu'ils sont repartis à la recherche du paysan et du site.

Aujourd'hui le site est encore en partie enseveli et c'est d'autant plus intéressant de le voir comme ça. ca permet d'imaginer ce qui reste à trouver. De comprendre l'ampleur de la découverte. 

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Des gravures ont survécues à tout ce temps et c'est vraiment impressionnant de se dire les millénaires qu'elles ont traversées pour se présenter aujourd'ui à nos yeux.

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Le site situé au sommet d'une colline surplombe la plaine mésopotamienne. On y trouve du vent et donc de la fraicheur, et la beauté du paysage qui s'offre à nos yeux complète agréablement la visite.

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Si la zone, à la base très aride, est aujourd'hui cultivable c'est grâce au projet GAP mis en place par Atatürk (évidemment) et qui compte une vingtaine de barrages dans le pays. Hors ce projet est problématique puisqu'il permet à la Turquie de controler l'accès à l'eau de plusieurs de ses voisins et surtout l'Irak et la Syrie qui n'apprécient pas vraiment... Mais je vous en reparlerai à l'occasion.

Bref, ce post n'en finit pas...

POur finir donc, nous sommes allées à Harran ville chargée d'histoire, citée dans la Genèse,  où aurait vécu Abraham, où on trouve une belle et majestueuse citadelle aux voutes immenses

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Et où les maisons ont des aspects de termitières géantes

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Hadi, vite vite, la photo de touristes

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Et où on trouve les vestiges d'une mosquée et de la première université coranique du monde musulman

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Bon je finis parce que j'en ai marre et vous aussi.

Mais bon vous avez regardé les images et avez compris que Urfa c'est bien!

Pas seulement parce qu'on y mange bien et que le bazar est top mais aussi parce qu'il y a de la Kulture!

Youhou!

Allez-y!

C'est tout pour aujourd'hui.

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24 mai 2009

Urfa, la glorieuse (1/3 ba oui, vous en vouliez du voyage, vous en aurez)

Je rentre de 2 jours à Urfa, une ville pleine de légendes, dans la plaine mésopotamienne, à la frontière Syrienne et j'ai été conquise par ses couleurs, son bazar plein d'artisans, ses caravansérails réinvestis par les habitants....

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Alors, parmi les centaines de photos que j'en ai ramené je vais devoir vous présenter tout ça par thèmes sans quoi on ne s'en sortira pas!

D'abord, l'ambiance de la ville, puis ses lieux historiques et de cultes, et enfin quelques portraits que j'affectionne tant!

Arrivée tard le soir, a peine a retentit l'appel à la prière du soir, que je dormais déjà à moitié., Urfa de nuit , ce sera pour une autre fois....

Le lendemain matin, première impression, il fait chaud. On est logées dans la vieille ville, d'ailleurs on ne verra qu'elle.
Pendant que je me réveille doucement, Maman et sa copine Aline vont petit-déjeuner et me rapporteront d'ailleurs une bonne petite douceur feuilleté à la pistache et au fromage. Miam.

De ma fenêtre, je découvre déjà les vêtements plus amples, les visages plus arabes, les femmes plus couvertes, les motos plus drôles, le tout plus oriental finalement qu'à Ankara où Istanbul qui sont bien plus occidentales, pas uniquement sur la carte!

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A l'assaut de la vieille ville on découvre avec plaisir son vieux bazar aux rues tortueuses où se regroupent les artisans par spécialité. On trouve par exemple le coin des "Terzi": les couturiers

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avec leurs belles machines à coudres Singer

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Les travailleurs de métal qui tapent sur le fer brulant, fenêtre sur cour

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Les travailleurs de cuivre (chez qui, forcément, les filles feront une razia, d'où notre nouvelle amitié avec cet artisan/commerçant (à qui j'ai promis d'envoyer la photo)

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Les vendeurs de fruits ou légumes ambulants

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Alors, que ces dames faisaient des emplettes dans cette galerie qui était à l'époque l'entrepôt des douanes, nous rencontrons Ridvan qui nous servira de guide pendant les 2 prochains jours.

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Pour commencer en douceur on s'installe dans l'ancien caravanserail perdu au milieu du bazar, inondé de soleil, investit par les hommes du coin,

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(ou pas, quand c'est l'heure de la prière)

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pour boire du thé, jouer aux dominos, aux échecs, ou comme nous aux cartes. Le tout en mangeant les lahmacuns (espèce de pizza très fine, de viande épicée).

Inutile de dire que je vais perdre cette partie de cartes misérablement.

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Ensuite il nous amènera dans le dédale des vieilles rues tortueuses aux hauts murs de pierre.

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J'ai autant aimé ces rues lumineuses pleines de charme et d'enfants que les rues sombres, encombrées, bruyantes et délicieusement odorantes du grand bazar au cœur duquel on peut pourtant trouver des mosquées sereines et des cours intérieurs semi-abandonnées.

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La rue d'Urfa m'a conquise.

Mais reste à savoir si ses monuments et ses habitants seront tout aussi intéressants.

(Petit indice: la réponse est oui!)

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08 mai 2009

A l'est d'Ankara.

Je disais vouloir faire un break dans mes voyages hors il se trouve que depuis quelques jours une idée s'est logée dans mon crane et telle que je me connais, elle ne va pas vouloir en sortir à moins que je m'en occupe franchement!
J'ai passé l'hiver à travailler sur mon break. J'ai larvé à un niveau Olympique. Et je me sens prête à reprendre la route.

Alors voilà, au départ, pour cet été le plan était relativement raisonnable: je voulais rentrer en France en stop en longeant la mer: Grèce, Albanie, .. je-sais-plus-quels-pays,.... et Italie.
Puis, comme d'hab, festival d'Avignon et tour de France de la famille et des amis. Un été classique, sympa, à siroter des jus de fruits sur les terrasses.

Mais la petite voix dans ma tête me dit maintenant que j'ai plus autant envie de partir vers l'Ouest, que je me fous un peu plus chaque jour des jus de fruits et des terrasses et qu'au contraire, je partirais bien plein Est. Regardez:

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Bon.
Je vous entends hurler d'ici.
C'est pas agréable.

Alors, puisque je veux que quelqu'un vienne avec moi pour ce grand voyage qui trainait dans un coin de ma tête depuis des années je m'en vais vous donner 10 bonnes raisons pour m'accompagner.

- Le noir ça amincit. Bon en l'occurrence ça concerne que les nanas et que pour l'Iran. Mais quand même.

- Les talibans, et autres maniaques de la barbe se foutent complètement des touristes. On risque rien, sérieusement.

- Plusieurs voyageurs qui sont passés par chez moi à Ankara continuent par ses pays. Je les suis par blog et leurs photos font rêver et il ne leur est rien arrivé de fâcheux. Au contraire,  ils encensent complètement l'accueil qu'ils ont reçu des iraniens et pakistanais. Vous me croyez pas: Allez voir le blog de Sébastien et ses superbes photos, le blog de Quentin, le blog de Gauthier... et cherchez en d'autres, il y en a plein.

- Nous on a bien Sarko. Et en plus nous on l'a élu. Comme quoi, il ne faut pas amalgamer la politique d'un pays avec les valeurs, les opinions et la gentillesse et la culture de sa population.

- Vous en avez pas marre qu'on vous foute des idées toutes faites dans la tête "grâce" à la télé et de pas vous faire vos propres opinions?

- Pour les mecs c'est l'occas de pas vous raser pendant des semaines! En plus ça fait couleur locale.

- Pour les filles aussi d'ailleurs.

- Vous pourrez dire "Persépolis, oui, j'y suis allé"

- Sortez un peu des sentiers battus. Non, aller à Malaga c'est pas l'aventure.... Reveillez le bohémien qui est en vous, pensez à Aznavour et comment il dit que nous les jeunes on ne peux pas connaître la Bohème, on va lui montrer à Charles.

- On va super bien manger, on va voir des paysages, des cultures et des architectures extraordinaires, on va arriver en Inde par le Punjab que je connais, Amritsar, le Temple d'Or, les Sikkhs, et puis une fois en Inde tout est possible. L'Himalaya, le Gange, les palais du Rajasthan, Bombay, Calcutta....

- Vous pourrez vous faire passer pour Indiana Jones auprès de toutes les prochaines générations à venir de la famille. Enfants, petits enfants, arrières petits enfants, vous serez l'idole de tous. C'est pas formidable.
Et puis, vous pourrez balancer nonchalamment au bureau en Septembre, à la question "T'as bougé toi cet été?" "Ouai, vite fait, j'ai traversé l'Iran, le Pakistan et puis j'ai un peu trainé en Inde..."
Résultat garantit!

- C'est des pays super pas chers! Donc pas besoin d'un gros budget pour faire un super voyage.

Bon ça fait 11 raisons! Mais la vérité (si je mens) c'est que ce voyage il est à faire et c'est tout.

Moi je suis pas sure de partir si je suis seule, alors, accompagnez moi quoi!

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(Quelques photos piquées sur Flikr, si ça vous démange pas le passeport là c'est que vous êtes désespérément nazes!)

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14 mars 2009

Livre: mémoires de la chair de Ahlam Mosteghanemi

Mémoires de la chairMa note : 3/5 (Une lecture fluide, mais sans passion, et pourtant un chapeau final à l'auteur)

 

Le topo:

 

Hymne à une ville perdue, Constantine, fresque poignante de l’Algérie de ces cinquante dernières années, Mémoires de la chair est d’abord une brûlante histoire d’amour.

 

Khaled, le narrateur, un ancien moujahid de la guerre d’indépendance, a perdu un bras au combat à l’âge de vingt-cinq ans. Dégoûté de la corruption algérienne, il vit en exil à Paris où, vingt ans plus tard, il est devenu un peintre apprécié.

 

Soudain surgit, à l’occasion du vernissage d’une de ses expositions, Hayat, la fille de son ancien chef de maquis Si Tahar, mort en action, celle qu’il avait connue bébé et qui est maintenant devenue une jeune fille coquette et séduisante.

 

Le cœur de Khaled s’embrase : Hayat représente tout à la fois pour lui La Femme, l’Algérie, Constantine la ville bien-aimée qu’il ne cesse de peindre sur ses toiles, et, de manière générale, sa propre jeunesse : un passé douloureux et exaltant, tissé de luttes, de fierté, d’idéal et d’espoir.

 

Mon avis:

 

Qu'est ce qui fera qu'on a aimé un livre? (ou pas)
L'identification aux personnages, l'intérêt pour le sujet, le divertissement apporté par la lecture, ... finalement je suis une fille assez simple.

 

Je ne me suis pas ennuyée avec Mémoires de la Chair, le sujet, le cadre culturel, géographique, philosophique de l'histoire m'intéressent, me touchent, me sont familiers et exotiques à la fois.
Les parallèles entre l'amour perdu de Khaled et sa nostalgie d'une Constantine enfermée dans le passé m'ont plu.
Bref. Voilà ce qui donne un 3/5.

 

Malheureusement je ne suis pas non plus emballée.
Le style poétique et "artiste maudit" du narrateur et sa persistance à écrire à celle qui lui brise le coeur avec un "tu" m'ont agacés et laissés à l'extérieur du récit.

 

Je crois que je n'aime pas la poésie. Soit je la comprends trop bien et j'ai l'impression de lire les journaux intimes de mes 15 ans. Soit je ne la comprends pas et ben... je ne la comprends pas.
Dans ce livre je l'ai comprise et ça décrédibilise le récit, ça lui donne un côté naïf qui n'est pas, j'en suis sure, l'effet recherché.
Hop on descend doucement à un 2/5.

 

Heureusement j'ai été emportée par les 50 dernières pages qui dépeignent avec force le désespoir d'un homme qui a tout perdu: l'amour, ses racines, ses rêves, ses souvenirs et doucement tous ceux qu'il a aimé.

 

Enfin, pour relever cette impression mitigée, j'ai été impressionnée par le tour de force de l'auteure qui écrit pour un homme avec une sincérité qui fait illusion.
Ce que je reproche à ce livre c'est un côté "journal intime" à écrire du "je" et du "tu" entre 2 phrases de poésie trop abordable. Ca pue le trop honnête.
Ecrit par un homme ça m'aurait donné l'impression d'être une biographie ampoulée, vous savez, de ceux qui pensent que s'ils lui donnent un genre littéraire, deux ou trois passages poétiques et philosophiques, leur souffrance, leur chagrin d'amour ou leur vie peuvent faire un bon livre.
Dans ce cas on pourrait tous faire un livre parce qu'il n'y a rien de plus banal que l'amour et la souffrance.
Hors c'est de la fiction et donner ce sentiment de banale sincérité dans une fiction me semble digne d'un grand écrivain.

 

Ainsi donc, bilan mitigé. Une lecture fluide, mais sans passion, et un chapeau final à l'auteur. Je me laisserai peut être tenter par un autre livre d'elle.

 

J'ai été dans une phase de "non-lecture" qui a duré un bon mois. Comme ça m'arrive régulièrement. Mais me voilà repartie en pleine forme et heureusement parce que j'ai de quoi faire. J'ai bien reçu les colis de Marraine, et Alessandro : Merci!

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12 mars 2009

Video du Jour: "Gaza, closed zone"

Le directeur de l'animation de "Valse avec Bachir" Yoni Goodman signe une courte animation sur le blocus de la bande de Gaza par l'armée israélienne.

Closed zone
envoyé par Gisha

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07 mars 2009

Film: Le grand voyage

Je ne vous parle pas de tous les films que je vois, et heureusement, en cette période où il fait bon vivre sur son super canapé enroulé dans sa super couette, j'en aurai des choses à vous raconter mais je vais vous parler du "Grand voyage" et ce pour de multiples raisons.

De part son titre-même il a sa place sur ce blog  qui ne parle que de ça: Voyage.

Ensuite, par son histoire: " A quelques semaines du Bac, Réda, une vigntaine d'année, qui vit en Provence est contraint de conduire son père en voiture jusqu'à la Mecque" (dixit Allociné).
Hors lors de ce voyage il va traverser l'Italie, l'Europe de l'est avant d'arriver en Turquie où on visite avec eux Istanbul et Ankara. Un itinéraire qu'a déjà fait Maman et Lili en voiture, que je ferai surement cet été en stop, et qui risque fort de m'être très familier d'ici quelques années.
Ce road-movie est donc l'occasion de découvrir ce que je vous conterai certainement sur ce blog avant la fin de l'année.

Leur voyage continue vers la Syrie, la Jordanie avant de se terminer en Arabie Saoudite avec de belles images du "Hadj" (pélerinage) à la Mecque, relativement rares dans le cinéma.

VOilà donc la dernière raison pour laquelle j'aimerais que vous voyez ce film. Pour une fois l'islam nous est présenté sous un jour pacifique, tolérant, généreux et infiniment beau.

Parce que vous le disiez ou non il y a de fortes chances que, même malgré vous, malgré le fait que vous vous auto-proclamiez "ouvert", "tolérant", gauchistes et amis du couscous .... vous ayez une appréhension ou du moins une forte consternation pour tout ce qui approche l'Islam. 

Faute de connaissance évidemment. Ou pas exactement. Les médias vous font croire, en vous présentant des cas extrêmes, qu'ils vous apprennent ce qu'est l'islam.
Et puis n'y a-t-il pas tous ces maghrébins en France qui sont un reflet de ce qu'est cette religion?

Bref, sans m'étaler plus, je trouve vraiment dommage les terribles représentations des non-musulmans envers les pratiquants de cette religion et les abus des musulmans se cachant malhabilement derrière l'islam, les uns motivant les autres et inversement.

Et c'est tout ce que n'est pas ce film. Et ça fait du bien.

Et puis c'est aussi un film sur le dialogue entre un père et son fils qui se renoue servit par 2 acteurs qui sonnent juste. ALlez hop une petite scéance ciné pour ce weekend!

(Bon la bande annonce a pris un coup mais se stabilise vers le milieu, donc patience)


Plus d'infos sur ce film

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18 septembre 2008

Livre : Un jour avant Pâques by Zoyâ Pirzâd

 

 

 

 

Un jour avant PâquesMa note: J'aime tout simplement 3/5

 

Le topo: Au bord de la mer Caspienne, un jeune garçon découvre les prodiges minuscules de l'univers, comme la visite d'une coccinelle ou les joies et jeux de l'enfance avec son amie Tahereh. Lui est Arménien. Elle, fille du concierge musulman de l'école.

 

Ainsi se côtoient dans la petite communauté arménienne, entre l'église, l'école et le cimetière, chrétiens et musulmans, crispations anciennes et libres aspirations.

 

Pâques, c'est la fête des œufs peints, des pensées blanches, des pâtisseries à la fleur d'oranger.

 

C'est aussi l'occasion d'allers et retours entre passé et présent, entre Téhéran et le village de l'enfance - tout un quotidien dessiné ici avec virtuosité, un art précieux du détail et beaucoup de finesse.

 

 

Mon avis: A quelques jours de mon départ, tant attendu, en Turquie, il n'était pas étonnant que je craque pour ce joli livre d'une écrivain arménienne.
C'est toute cette région du Moyen-Orient qui m'attire. L'Arménie, en plus, m'intéresse par son histoire, par l'histoire de son peuple que représente pour moi le grand monsieur qu'est Aznavour, par son exception religieuse dans la région, par le pays en lui même et les paysages que je lui devine, par le voyage que j'y ferai InchAllah un jour...
Au hasard d'une balade improvisée en librairie, je me suis donc laissée tenter par l'occasion qu'était ce livre de découvrir la littérature arménienne et sur l'Arménie.

 

Et j'ai bien fait.
Le livre est divisé en 3 parties qui évoquent chacun 3 moments de la vie du narrateur, réfugié arménien en Iran, à différents moments de sa vie, mais toujours quelques jours avant Pâques.
Ces 3 parties sont l'occasion de découvrir les femmes qui ont été importantes au cours de sa vie: sa meilleure amie d'enfance, musulmane et son premier amour ; sa femme douce et conformiste ; sa fille qui veut épouser un "persan": un non-arménien ; sa mère indifférente à la pression de sa communauté arménienne ; sa grand-mère rigide ; sa collègue : sa dernière confidente.
L'occasion aussi de découvrir son petit village natal au bord de la Mer Caspienne, et plus tard la ville cosmopolite de Téhéran.

 

Le thème du sentiment d'appartenance à son peuple/pays m'est cher. Sur fond de souvenir du génocide, à renfort de rédactions sur les "devoirs envers notre pays", à force de vénérer la seule dame du village à avoir connu, "en vrai", l'Arménie,... ce livre est aussi un Voyage au coeur de la communauté arménienne exilée qui tente de préserver son identité à tout prix.

 

C'est un roman court et sensible, qui a en plus, pour qualité de nous faire découvrir l'Iran sous un angle particulier et intéressant.  

 

Voir mes autres critiques.

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