Ma note: 3/5 (synthétique et ludique découverte des grandes religions)
Le topo:
Les jeux olympiques de la religion !
Une compétition entre un juif, un chrétien,
un musulman, un hindou, un bouddhiste
et un athée chargés d'exposer leur doctrine.
Une véritable mine d'informations sur
les religions et une belle fable nourrie
des interrogations contemporaines.
Mon avis:
Le Roi d’un peuple sans religion va organiser un grand tournoi où chaque grande religion du monde va envoyer un émissaire. Tournoi au terme duquel une des religions sera choisie pour le peuple.
C’est une fable oui. Mais ni simple ni simpliste.
L’idée est originale pour nous faire découvrir un peu l’essentiel de chaque religion ainsi que les arguments de leurs détracteurs.
Il reste que je ne comprends toujours pas grand-chose au bouddhisme et à l’hindouisme malgré le propos ici simplifié.
Et que je suis toujours sidérée de voir à quel point le judaïsme, le christianisme et l’islam sont proches. Leurs affrontements sont sans fondements religieux : ils prient le même Dieu, croient aux mêmes prophètes, aux mêmes livres presque. De quoi regretter encore plus qu’ils se tapent sur la gueule pour le profit de tel organisation assoiffée de pouvoir ou tel dirigeant fanatique.
Deux petits regrets dans le parti pris de l’auteur
- que le discours du représentant de la pensée libre, l’athée soit trop téléphoné. Il se base sur la seule question : Si Dieu existe, pourquoi toute cette souffrance. Il aurait pu pousser la philosophie athée un peu plus loin que ça.
- que le représentant de l’islam soit un soufi. J’adore la mystique soufie, elle est pleine de poésie, de beauté, de tolérance, de réflexion… mais elle n’est pas représentative de l’islam. Elle reste assez marginale au niveau mondial. Par ce choix on a l’impression qu’on est obligé de prendre une version alternative, une version «soft» de l’islam pour défendre ses couleurs. Mais bon j'arrête où vous allez croire que je suis jamais satisfaite quand on parle de cette religion!
Quoi qu’il en soit l’auteur connait son sujet et nous sert un discours inter-religieux d’une rare richesse.
Tags : culture, interculturalité, islam, livre, religion
Ma note: 3/5 (Un livre qui est comme une rencontre)
Le topo: A quelques mois de la retraite, Mohamed n'a aucune envie de quitter l'atelier où il a travaillé presque toute sa vie depuis qu'il est parti du bled.
Afin de chasser le malaise diffus qui l'envahit, il s'interroge sur lui-même avec simplicité et humilité. Il pense à son amour profond pour l'islam, dont il n'aime pas les dérives fanatiques ; il se désole de voir ses enfants si éloignés de leurs racines marocaines; il réalise surtout à quel point la retraite est pour lui le plus grand malheur de son existence.
Un matin, il prend la route de son village natal, décidé à construire une immense maison qui accueillera tous ses enfants. Un retour " au pays" qui sera loin de ressembler à ce qu'il imaginait.
Ma rencontre avec ce livre:
Elle n'a pas été de tout repos. En effet il m'a été envoyé dans le cadre de l'opération Babelio alors que j'étais encore en Turquie. Ma soeur en a profité pour l'embarquer avec elle... en Equateur. Sans me le dire.
Du coup moi je l'ai cru perdu par la poste et après moultes aventures (passionnantes, n'en doutez pas!) j'en ai retrouvé la trace. Il s'était baladé en Equateur. PEut être même au Pérou et en Bolivie (certaines étapes de son passé restent au jour d'aujourd'hui obscures) et se trouvait, enfin, à Bordeaux.
Il m'a été envoyé par la poste à Chanteuge, centre de la France, très joli village où je me trouve à présent. Et le voilà, comme son personnage principal, rentré, après l'exil, au pays. ^o ^
Mon avis:
J'ai trouvé très touchante l'histoire de cet homme qui a traversé sa vie doucement et se rend compte à la fin qu'il est seul.
Un homme qui a tenu à vivre selon ses valeurs, un homme qui aime sa religion: celle qui l'appaise et le console, un homme qui aime aussi profondément ses enfants sans pourtant vraiment les connaître ni savoir se faire aimer d'eux, un homme bon et droit qui passe pour un homme faible et s'en attriste, un homme qui n'est pas pour autant dépourvu de révolte ou d'indignation, un homme têtu avec la tête pleine de rêve.
Quant il décide, à la retraite, de réaliser son rêve: construire une maison aussi grande que son coeur pour y réunir toute sa famille, est-ce trop demander? , il se heurte à la réalité, bien moins douce. Les enfants ont leur vie. Ils sont des françaouis. Et lui, est seul. Amertume.
Cette amertume nous reste collée aux basques une fois le livre fermé, sentiment mêlé à plein d'autres, en vrac, plein de tendresse pour ce bonhomme au coeur plus grand que son destin, l'envie de continuer à rêver sa vie, la tête pleine des vents et du sable qui balaye son bled et finiront par l'ensevelir, l'intuition que la fin de sa vie doit être comme ça: seule, désabusée mais aussi douce et réconfortante.
De Ben Jelloun je n'avais lu que "Partir" et j'y avais trouvé une certaine extravangance dans une histoire un peu à la Almodovar. Cette fois au contraire je trouve le récit très pudique, un portrait d'homme tout en douceur. J'ai l'impression d'avoir rencontré Mohammed et j'ai envie de dire "Enchantée".
Tags : culture, exil, identité, interculturalité, islam, livre, livre offert, voyageJe ne vous parle pas de tous les films que je vois, et heureusement, en cette période où il fait bon vivre sur son super canapé enroulé dans sa super couette, j'en aurai des choses à vous raconter mais je vais vous parler du "Grand voyage" et ce pour de multiples raisons.
De part son titre-même il a sa place sur ce blog qui ne parle que de ça: Voyage.
Ensuite, par son histoire: " A quelques semaines du Bac, Réda, une vigntaine d'année, qui vit en Provence est contraint de conduire son père en voiture jusqu'à la Mecque" (dixit Allociné).
Hors lors de ce voyage il va traverser l'Italie, l'Europe de l'est avant d'arriver en Turquie où on visite avec eux Istanbul et Ankara. Un itinéraire qu'a déjà fait Maman et Lili en voiture, que je ferai surement cet été en stop, et qui risque fort de m'être très familier d'ici quelques années.
Ce road-movie est donc l'occasion de découvrir ce que je vous conterai certainement sur ce blog avant la fin de l'année.
Leur voyage continue vers la Syrie, la Jordanie avant de se terminer en Arabie Saoudite avec de belles images du "Hadj" (pélerinage) à la Mecque, relativement rares dans le cinéma.
VOilà donc la dernière raison pour laquelle j'aimerais que vous voyez ce film. Pour une fois l'islam nous est présenté sous un jour pacifique, tolérant, généreux et infiniment beau.
Parce que vous le disiez ou non il y a de fortes chances que, même malgré vous, malgré le fait que vous vous auto-proclamiez "ouvert", "tolérant", gauchistes et amis du couscous .... vous ayez une appréhension ou du moins une forte consternation pour tout ce qui approche l'Islam.
Faute de connaissance évidemment. Ou pas exactement. Les médias vous font croire, en vous présentant des cas extrêmes, qu'ils vous apprennent ce qu'est l'islam.
Et puis n'y a-t-il pas tous ces maghrébins en France qui sont un reflet de ce qu'est cette religion?
Bref, sans m'étaler plus, je trouve vraiment dommage les terribles représentations des non-musulmans envers les pratiquants de cette religion et les abus des musulmans se cachant malhabilement derrière l'islam, les uns motivant les autres et inversement.
Et c'est tout ce que n'est pas ce film. Et ça fait du bien.
Et puis c'est aussi un film sur le dialogue entre un père et son fils qui se renoue servit par 2 acteurs qui sonnent juste. ALlez hop une petite scéance ciné pour ce weekend!
(Bon la bande annonce a pris un coup mais se stabilise vers le milieu, donc patience)
Je viens vous parler d'un gros, très gros coup de coeur cinématographique.
Force est de constater que parfois, les prix, c'est pas que de la connerie et celui-là en a reçu un petit paquet.
Attention je peux, éventuellement, en me forçant, comprendre que certains puissent ne pas accrocher à ce film de 2h30 tournant autour d'une histoire de couscous au poisson. Mais dès que j'arrête de me forcer, je n'y arrive plus tant je suis conquise.
Ô combien conquise par ce film hors du commun, criant de vérité, de simplicité, de justesse.
LE TOPO:
Sète, le port.
Monsieur Beiji, la soixantaine fatiguée, se traîne sur le chantier naval du port dans un emploi devenu pénible au fil des années.
Père de famille divorcé, s'attachant à rester proche des siens, malgré une histoire familiale de ruptures et de tensions que l'on sent prêtes à se raviver, et que les difficultés financières ne font qu'exacerber, il traverse une période délicate de sa vie où tout semble contribuer à lui faire éprouver un sentiment d'inutilité.
Une impression d'échec qui lui pèse depuis quelque temps, et dont il ne songe qu'à sortir en créant sa propre affaire : un restaurant. Seulement, rien n'est moins sûr, car son salaire insuffisant et irrégulier, est loin de lui offrir les moyens de son ambition.
Ce qui ne l'empêche pas d'en rêver, d'en parler, en famille notamment. Une famille qui va peu à peu se souder autour d'un projet, devenu pour tous le symbole d'une quête de vie meilleure.
Grâce à leur sens de la débrouille, et aux efforts déployés, leur rêve va bientôt voir le jour... Ou, presque...
MA NOTE: 5/5
une révélation qui renouvelle, pour moi, le cinéma.
MON AVIS:
Aucune fioriture, mais un jeu d'acteur extraordinaire (Hafsia Herzi y
est simplement époustouflante), une analyse sociale à mon sens parfaite, pas de
lieu commun, que de l'humain.
Une France dépeinte telle que je l'aime:
métissée, riche de ce métissage décomplexé, d'un côté. De l'autre côté
elle est malheureusement aussi dépeinte telle que je la hais: celle qui
aime les arabes et pour leur couscous et leur danse du ventre et qui au
delà de ces aspects réducteurs ne les considèrent pas leur culture
comme faisant partie de la France.
Ne vous laissez pas décourager par un début qui paraît simple, trop
peut être.
C'est pas du cinéma c'est la vie. Oui, la vie on connait
déjà. Mais cette entrée en matière n'est que l'occasion d'être nous
même accueillis dans la famille élargie de Slimane.
Une fois entrés dans la famille, on espère avec elle, on a les boules
avec elle, on a le coeur qui se serre avec elle, on a honte avec elle,
on reprend espoir avec elle, on est transportés par le suspence et la
magie des 15 dernières minutes avec elle.
Impossible dans ces
conditions de trouver le temps long et de rester insensible à ce film.
Oui, on en sort épuisé, désabusé, plein d'espoir, on en sort résolument
touché.
Mais j'en dis trop, ce film se vit, simplement.
Un grand chapeau au réalisateur Abdellatif Kechiche et à tous ses acteurs
LA BANDE ANNONCE:
La graine et le mulet : Bande Annonce
envoyé par cineFA
Allez une première critique, et puis va falloir que je mette un petit coup d'accélarateur pour rattraper mon retard de critiques (pourtant écrites sur des feuilles volantes ici et là...) ce weekend.
Mais avant de vous parler du livre annoncé ci-dessus laissez moi vous parler un peu de mon séjour dans les librairies irlandaises et londoniennes.
POur faire simple, ce que j'aime dans les éditions anglo-saxonnes c'est leurs couvertures! J'en suis folle.
Elles sont toujours belles et recherchées. Loin de nos bouquins aux couvertures unies ou pires, de nos poches qui arborent une illustration du siècle dernier, sans aucun lien avec le livre en question.
J'aime les livres pour ce qu'ils renferment mais aussi en tant qu'objets. Je serais incapable de lire un livre sur un ordinateur. Tourner les pages, caresser la couverture, anticiper le plaisir qu'elle contient, ... les lecteurs connaissent ce sentiment, certes assez futile et pourtant essentiel du livre en tant qu'objet aimé.
Alors pourquoi je vous balance ce joli petit paragraphe à la gloire de nos bouquinus livritus adorés?
Simplement pour justifier expliquer que je suis partie 10 jours en Irlande avec 3 livres et que j'en suis revenue avec 8! (et encore,... j'en ai abandonné un à son triste sort chez AnneSo!)
Non mais sérieux, ils sont craquants....
Par contre ce que je n'aime pas dans ces éditions d'outre-manche c'est la manie des éditeurs de ne même pas se fatiguer à rédiger un résumé en quatrième de couverture mais de se contenter d'y imprimer les critiques toutes plus dithyrambiques les unes que les autres qu'a reçu l'ouvrage. S'en est ridicule. On finit par ne même plus pouvoir savoir de quoi parle le livre.
On finit par avoir le sentiment que tous les livres sont décris comme "exceptionnels" par la presse et ces compliments ne valent plus rien! Bref, j'ai quand même fait marche arrière face à plusieurs achats potentiels à cause de cette manie de noyer l'ouvrage dans sa publicité.
C'est pas plus mal. Sinon je serais revenue avec combien de livres??
Allez, allons-y pour un livre qui est consacré par de multiples journaux et médias.
Ma note: 2/5 les grandes espérances amènent de grandes désillusions
Le Topo:
Assis sur le banc d'un square de Lahore, Tchenguiz, un jeune
Pakistanais, livre un poignant monologue à un Américain anonyme et
raconte comment sa vie a radicalement changé.
Avant, Tchenguiz vivait
aux États-Unis et représentait à lui seul un modèle d'intégration :
famille aimante et cultivée, brillantes études à Princeton, et enfin
embauche sans embûche dans une prestigieuse entreprise de consultants.
Que demander de plus ? Une petite amie ? Erica, incarnation de la belle
Américaine à la tête bien faite et au compte en banque débordant,
n'était pas insensible à son charme.
Avant, sa vie se résumait à cela : troquer ses nombreux talents contre un petit bout du rêve américain.
Tchenguiz travaillait dur, croyait aux promesses et ne se posait pas
trop de questions.
Oui mais voilà, un certain jour de septembre 2001, sa vie bascule. C'est le début d'une longue fuite en avant...
Mon avis: Énorme succès en Angleterre et en Irlande où il se classe dans le top des ventes, j'ai aimé la couverture et le topo, allez hop, dans le sac malgré la crainte d'un livre trop facile sur des sujets qui me tiennent à cœur et qui n'ont rien de simple, en vrac : la stigmatisation de l'islam, les graves incompréhensions entre orient et occident aujourd'hui, l'identité, l'appartenance...
Malheureusement, alors qu'il est encensé par la critique et des lecteurs croisés aux hasards de mes pérégrinations irlandaises, je n'ai pas du tout succombé aux charmes (??) de ce livre.
LA FORME:
J'ai trouvé le monologue du narrateur plutôt agaçant et peu crédible.
Il déblatère son histoire dans un semblant de dialogue dans
lequel on n'entend jamais l'interlocuteur, présent par quelques
interpellations du narrateur barbu.
Un peu fatiguée de ce subterfuge louche j'ai rapidement eu
l'impression d'un monologue qui ne s'assume pas, d'un dialogue refusé,
d'un entre-deux peu pertinent.
Mais bon c'est un parti pris stylistique, je n'adhère pas, mais passons, au fond, finalement la forme importe peu quand le fond nous comble.
LE FOND:
Malheureusement c'est surtout là que ça pêche en ce qui me concerne.
On ne parle pas de religion, ce que j'espérais, mais uniquement d'appartenance, où plutôt d'allégeance/traitrise envers l'"Empire Américain".
Cet angle de vue du malaise identitaire et relationnel entre des cultures aujourd'hui qui dépensent largement cet notion d'état m'a semblé réducteur et pas très intéressant (n'étant pas fascinée par les Etats-Unis ni par les sentiments qu'ils peuvent engendrer)
LA FIN:
Si elle donne une dimension supplémentaire à tout ce blabla on la sent quand même venir de loin.
EN CONCLUSION:
J'attendais peut être trop de ce livre, trop de réponses, trop de relativisme, trop de tolérance, trop de leçon de vie.
Ce livre plait à beaucoup qui voit dans ce monologue une espèce de poésie et offre peut être quelques clés
à ceux qui sont éloignés du sujet de l'islam, du clivage culturel, du
fondamentalisme, de ses origines, de ses conséquences, de son
univers....
Il ne m'a pas apporté grand chose, pour ne pas dire rien...
Ceci dit c'est le premier livre que je lisais en anglais depuis un sacré bout de temps (depuis le transsibérien en fait, il y a 1 an et demi), il est facile à lire ce qui m'a encouragé à m'y remettre.
Et puis, une nouvelle approche du processus identitaire, même si elle est brouillonne et relativement superficielle, est toujours un bonne à prendre.
Et puis pour les vacances en Irlande et en Cappadoce, ça arrive, articles en préparation!
Tags : culture, identité, interculturalité, irlande, islam, livre, société
j'ai reçu ce livre dans le cadre de l'opération "masse critique"
: un livre en échange d'une critique.
Ma note: 3/5 Simple, Rapide, Sympa.
Le topo:
Pour son 4 heures, Salomon avait droit à un paquet de BN entier, Abou
goûtait deux tartines bourrées de Nutella et moi je les regardais
manger. (Même le topo est simple, rapide et sympa)
Mon avis:
Le petit Malik se veut être un nouveau petit Nicolas. On va donc suivre les aventures de ce petit garçon d'aujourd'hui et bien de chez nous, au fil des ans. A raison d'un chapitre par an.
Les chapitres sont vites lus et font référence à un épisode plus ou moins important de la vie du petit Malik.
J'ai été au départ, assez sceptique sur ce livre, trouvant la lecture trop superficielle, les épisodes évoqués succeints et anecdotiques. Et puis au fil des chapitres tout ça a pris une contenance et une cohérence.
Ce livre m'a aussi parlé en écho, non pas trop à ma vie, ayant grandit loin de la cité, et l'ayant fréquentée que plus tard, mais à la vie de nombreux amis et de gamins avec lesquels j'ai travaillé. Le ton et la vie de la cité sont bien là, sans misérabilisme, avec sa formidable mixité culturelle, avec ses excès et ses retenues, ses douleurs et ses bonheurs.
ALors le petit Malik est peut être effectivement le nouveau petit Nicolas, celui des banlieux. Son parcours est décrit sur un ton divertissant mais dépeint une réalité que ne l'est pas toujours.
Tags : interculturalité, livre, livre offert
Ma note: 3,5/5 Le livre qui tombe à pic: je viens de perdre mon passeport mais point d'angoisse, E-E Schmitt fait bien de me rappeler que je suis une citoyenne du monde! Merci
Le topo:
Saad veut quitter Bagdad, son chaos, pour gagner l'Europe, la liberté,
un avenir. Mais comment franchir les frontières sans un dinar en poche
? Comment, tel Ulysse, affronter les tempêtes, survivre aux naufrages,
échapper aux trafiquants d'opium, ignorer le chant des sirènes devenues
rockeuses, se soustraire à la cruauté d'un geôlier cyclopéen ou
s'arracher aux enchantements amoureux d'une Calypso sicilienne ?
Mon avis:
J'ai attrapé plus que choisi ce livre, à l'aéroport de Roissy. Mon avion avait déjà commencé à embarquer et il me fallait absolument un livre, autant pour faire passer le temps du vol que pour m'échapper de la triste réalité: celle qui me faisait repartir loin de ceux, de celui et de celle que j'aimais. L'un que je ne reverrais plus jamais l'autre qui avait terriblement besoin de moi, de mon soutien, de ma présence.
Alors, à la volée, presqu'en courant, j'ai aperçu le titre, l'auteur, attrapé le livre et tous ensemble le livre, le titre, l'auteur, mon chagrin et moi nous nous sommes envolés.
C'est assez drôle au demeurant, j'ai fait vivre au livre le voyage inverse de celui de son héros. Enfin presque.
Je n'ai pas regretté mon choix.
D'abord parce que j'ai été prise par la lecture. Arrivée à Ankara. Il me restait à peine à quart du livre à terminer. Mon système de note étant essentiellement placé sur le plaisir que me procure la lecture, 300 pages avalées aussi facilement, c'est plutôt un bon signe.
Ensuite le thème du bouquin: le voyage. Ou plutôt l'émigration. Est un thème qui m'intéresse particulièrement et qui revient dans nombreuses de mes lectures. Surtout quand il s'accompagne d'une interrogation sur les identités et l'interculturalité (un vieux reste d'un mémoire de maitrise dont le titre tournait autour de ces mots)
Je retrouve dans Ulysse from Bagdad un goût de l'Eldorado de Laurent Gaudé, en moins bon, en moins suave, moins poétique, moins humain. Et pourtant.
Ce n'est pas un mystère, depuis que j'ai découvert Eric Emmanuel Schmitt, je n'ai jamais rechigner à en découvrir une nouvelle oeuvre.
Le ton est ici, comme toujours, fantaisiste et juste. Sans lourdeur inutile.
Pourtant je m'interroge sur la possibilité pour un auteur de faire durer son style, unique, sans du coup le banaliser.
Vous savez comme Manu Chao. Un super premier album, détonnant, tellement différent de ce qu'on l'habitude d'entendre. Et puis un deuxième album, vague copie du style du premier.
Je ne dis pas que je n'ai pas aimé Ulysse from Bagdad. AU contraire je l'ai beaucoup aimé. Mais je pense préférer Schmitt dans ses nouvelles. Ou alors commence-je à me lasser de son style. Et j'ai peur un jour de lui trouver un jour, au détour d'une ligne, un mauvais arrière goût d'un Coelho. J'ai besoin d'être surprise et malgré la qualité de ce livre c'est une certaine lassitude, une certaine planplantitude que je regrette.
Je vais faire une pause de cet auteur un moment pour le retrouver plus tard avec surement plus de plaisir.
Un bon livre malgré tout, un Ulysse moderne, philosophe malgré lui qui entretient des dialogues savoureux avec son père aussi mort que facétieux. Un Ulysse de nos jours, et ils sont nombreux ces clandestins à chercher à abattre les frontières. Il est bon de se rappeler régulièrement leur existence, leurs espoirs, leur quotidien, leur survie.
N'y a-t-il pas eu une époque où nous étions appelée "Terre d'Exil"? Que s'est-il passé...
Ordi toujours mort, pas de photos donc.
Juste un mot pour vous dire qu'aujourd'hui, en Turquie, c'était le jour national des professeurs!
Ca tombe bien j'en suis une.
Fleurs et cadeaux ont envahis la salle des profs. J'en ai récupéré un peu que j'ai mis à la maison, dans un pot vide de nutella, un nargilé, et un soliflor japonais acheté dans un 100yen shop et posé par terre dans mon 120m².
Spécial.
Spéciale aussi la cérémonie de ce matin à l'école.
Encore de grands discours, de petites pièces de théâtre nous rappelant que si l'on est prof, on est aussi (si ! si! ils l'ont dit) patriotes et kemalistes. (ah! s'ils l'ont dit alors....), des embrassades, des projections avec nos photos avec ovation des enfants, un ptit poème en français disant en gros "merci professeur, vous vous êtes saigné pour nous, où que nous soyons nous vous amenons avec nous" et autres idioties sympathiques.
J'ai snobbé le coktail de ce soir offert par les parents d'élève.
Certes ça part d'un bon sentiment tout ça. Et c'est peut être nécessaire.
M'enfin très peu pour moi.
Je crois que j'assume pas encore d'être prof.
DU moins prof quand ça a le même sens que celui qu'il avait quand j'étais gosse....
Ma note: J'aime tout simplement 3/5
Le topo: Au bord de la mer Caspienne, un jeune garçon découvre les prodiges minuscules de l'univers, comme la visite d'une coccinelle ou les joies et jeux de l'enfance avec son amie Tahereh. Lui est Arménien. Elle, fille du concierge musulman de l'école.
Ainsi se côtoient dans la petite communauté arménienne, entre l'église, l'école et le cimetière, chrétiens et musulmans, crispations anciennes et libres aspirations.
Pâques, c'est la fête des œufs peints, des pensées blanches, des pâtisseries à la fleur d'oranger.
C'est aussi l'occasion d'allers et retours entre passé et présent, entre Téhéran et le village de l'enfance - tout un quotidien dessiné ici avec virtuosité, un art précieux du détail et beaucoup de finesse.
Mon avis: A quelques jours de mon départ, tant attendu, en Turquie, il n'était pas étonnant que je craque pour ce joli livre d'une écrivain arménienne.
C'est toute cette région du Moyen-Orient qui m'attire. L'Arménie, en plus, m'intéresse par son histoire, par l'histoire de son peuple que représente pour moi le grand monsieur qu'est Aznavour, par son exception religieuse dans la région, par le pays en lui même et les paysages que je lui devine, par le voyage que j'y ferai InchAllah un jour...
Au hasard d'une balade improvisée en librairie, je me suis donc laissée tenter par l'occasion qu'était ce livre de découvrir la littérature arménienne et sur l'Arménie.
Et j'ai bien fait.
Le livre est divisé en 3 parties qui évoquent chacun 3 moments de la vie du narrateur, réfugié arménien en Iran, à différents moments de sa vie, mais toujours quelques jours avant Pâques.
Ces 3 parties sont l'occasion de découvrir les femmes qui ont été importantes au cours de sa vie: sa meilleure amie d'enfance, musulmane et son premier amour ; sa femme douce et conformiste ; sa fille qui veut épouser un "persan": un non-arménien ; sa mère indifférente à la pression de sa communauté arménienne ; sa grand-mère rigide ; sa collègue : sa dernière confidente.
L'occasion aussi de découvrir son petit village natal au bord de la Mer Caspienne, et plus tard la ville cosmopolite de Téhéran.
Le thème du sentiment d'appartenance à son peuple/pays m'est cher. Sur fond de souvenir du génocide, à renfort de rédactions sur les "devoirs envers notre pays", à force de vénérer la seule dame du village à avoir connu, "en vrai", l'Arménie,... ce livre est aussi un Voyage au coeur de la communauté arménienne exilée qui tente de préserver son identité à tout prix.
C'est un roman court et sensible, qui a en plus, pour qualité de nous faire découvrir l'Iran sous un angle particulier et intéressant.
Tags : Arménie, culture, identité, interculturalité, Iran, livre, Moyen-Orient, religion
Le temps où nous chantions de Richard Powers 4/5
Topo:
En 1939, lors d'un concert de Marian Anderson, David Strom, un
physicien juif allemand émigré aux Etats-Unis pour fuir les
persécutions nazies, rencontre une jeune femme noire, Delia Daley. Ils
se marient et élèvent leurs trois enfants dans le culte exclusif de la
musique, de l'art, de la science et de l'amour universel, préférant
ignorer la violence du monde autour d'eux. Cette éducation va avoir des
conséquences diverses sur les trois enfants. Jonah devient un ténor de
renommée mondiale, Ruth va rejeter les valeurs de sa famille pour
adhérer au mouvement de Black Panthers, leur frère Joseph tentera de
garder le cap entre l'aveuglement des uns et le débordement des autres,
afin de préserver l'unité de sa famille en dépit des aléas de
l'histoire. Avec des personnages d'une humanité rare, Richard Powers
couvre dans cet éblouissant roman polyphonique un demi-siècle
d'histoire américaine, nous offrant, au passage, des pages inoubliables
sur la musique. Le Temps où nous chantions a été élu meilleur livre de
l'année par The NewYork Times et TheWashington Post.
Mon avis:
Un
Pavé! J'avais demandé à maman de m'amener de gros livres (vu la vitesse
à laquelle je lis en ce moment) et ben celui là il est gros! Et bien!
Difficile
d'expliquer l'histoire parcequ'elle n'est pas chronologique. Mais on
découvre la vie d'une famille sur plusieurs génération. Une famille
mixte, ya du blanc, du noir, du café au lait, du juif.
Une famille se démenant dans un contexte de ségrégation raciale et de lutte des noirs américains pour leurs droits.
Une famille qui est elle même déchirée par ses couleurs ou ses "non-couleurs"
Une famille aussi qui vit à travers la musique et le chant.
C'est
bien écrit. Les personnages sonnent vrais et singuliers. La musique est
belle (sisi!!) même si un peu trop présente pour moi (de longs passages
musicaux)
La narration n'est pas chronologique et pourtant ça
s'achève sur un beau sentiment d'harmonie, la boucle est bouclée. Un
peu comme l'histoire de Pi, c'est "une histoire qui vous fera croire au
destin", je ne vous en dis pas plus....