Espece de Bohemienne

"Espèce de bohémienne!" comme me dis souvent mon grand père! Et il n'a pas tort. Pigeon Voyageur, passionnée d'images (de photo et de scrap) et de découvertes en tout genre, ... voila quelques aspects de ma personne que je vais indécemment exhiber ici!!

25 octobre 2009

Livre: Le collier de paille de Khadi Hane

Le collier de paille
Ma note: 2/5 (lecture mitigée mais quand même largement déçue)

Le topo:
Dakar. Dans une cour baignée de soleil, une jeune femme laisse errer son regard, ailleurs. Depuis quelques jours, elle ne dort plus, ne s'alimente plus. Depuis son retour de Niakhane, en fait. Depuis cette rencontre qui a tout balayé.

Cadre dans une ONG, citadine refusant la polygamie, elle a su lutter avec tact contre les carcans, nationaux et familiaux. S'imposer dans un monde d'hommes et nouer un mariage d'amour. Pourtant, là-bas, dans ce village de brousse où elle devait superviser la construction d'un dispensaire, elle a goûté au plaisir animal.

Amours interdites, histoire impossible : entre tradition et modernité, l'abîme est trop grand. L'Afrique écartelée crie son tourment dans sa chair de femme...

Pourquoi jai choisi ce livre:
Envie de lire un peu d'auteurs africains pour changer de mes éternels arabes et de mes occasionnels asiatiques.

Et puis vous savez moi dès que ça parle d'amours interdits j'adooooore. Voilà un topo qui se présentait plutôt bien pour moi.

Mon avis:

Sensation mitigée pour ce livre.

Je n'ai pas du tout accroché aux 2 premiers tiers qui m'ont semblé "trop passionnés pour être honnêtes". Je suis restée insensible à ce cri d'amour un peu trop perçant avec l'envie de dire à l'auteur "arrête de me crier ton désespoir dans les oreilles et je l'entendrai peut être mieux".

Et puis, dernière partie, 50 dernières pages, par je ne sais quel miracle, grâce à je ne sais quel élément déclencheur tout à coup je rentre dans l'histoire et j'entends toute la douleur de cette femme que la passion a rendu folle.

Par contre, je suis résolument restée imperméable à l'aspect "social" de cette histoire d'amour qui m'avait au prime abord intéressé et fait choisir ce livre dans une liste qu'on me proposait. L'opposition "femme de la ville", féministe, indépendante, cultivée qui s'étonne de succomber aux charmes du campagnard polygame.... aurait pu être l'occasion de 2 portraits intéressants et pertinents.

J'ai au contraire trouvé que c'était traité de façon très "harlequinesque". Le paysan torse nu luisant qui réveille les instincts primaires de la bourgeoise....

Bref, très déçue.

Cette impression de lecture est l'occasion de rebondir sur vos commentaires suite à ma note sur les hauts de hurlevents que je n'ai pas du tout aimé.

L'appréciation d'un livre est sujette à trop de variables pour avoir une quelconque valeur universelle. Voirune quelconque valeur tout court.

Age, humeur, lieu et moment de la journée, préoccupations du moment, névroses du lecteur ;o), niveau de détente... Impossible, pour moi, d'écrire une critique qui soit valable en dehors de ces critères subjectifs.

Du coup avis de lecture, voir itinéraire de lecture me conviennent mieux comme termes que "critique".

Il y a quelque chose de presque humain dans la relation d'un livre à son lecteur. C'est fluctuant. Un itinéraire. Un voyage. Du coup, comme pour mes récits de voyage, il s'agit plus de donner mon impression, de l'ancrer aussi par des mots pour moi, que d'écrire quelque chose qui ait une vérité vraie^^

 

Pour lire d'autres impressions de lecture pour ce même livre.

Et puis on continuera avec l'Afrique pour le prochain bouquin parce que je suis en train de lire le formidable: Une saison blanche et sèche d'André Brinks!

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09 octobre 2009

Livre: Les hauts de hurle-vent de Emily Brontë

Hauts de hurle-vent (les)

Ma note: 1/5 (attention critique assassine, livre long et sans saveur)

Ma rencontre avec ce livre:

J'ai découvert il y a peu de temps que mon école était dotée d'une bibliothèque en français absolument pas ridicule. Beaucoup de classiques. Beaucoup de livres pas lus mais à lire!

En parcourant les étagères, beaucoup de titres me font de l'oeil.

Tiens. Je n'ai jamais rien lu des soeurs Brontë. Ca me titille depuis un moment et puis j'aime en général assez bien la littérature british. Allons donc pour les Hauts de Hurle-Vent.

J'en ai souvent entendu parler en très grand bien, je m'attendais  donc à un livre à l'ambiance très forte. Quelque chose de sombre mais d'envoutant.

J'y allais confiante, la fleur au fusil....

Le topo:

Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l'ont méprisé.

Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s'approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu'au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.

Ce roman anglais, le plus célèbre du XIXe siècle à nos jours, a été écrit par une jeune fille qui vivait avec ses soeurs au milieu des landes de bruyère. Elle ne connut jamais cette passion violente ni cette haine destructrice. Elle imagina tout, même le fantôme de la femme aimée revenant tourmenter l'orgueilleux qui l'a tuée.

Mon avis.

Lecture péniple et très décevante. J'ai trouvé l'intrigue inintéressante. Des histoires de famille glauques dans un village triste. Ca excite peut être les citadins cultivés et enfarinés cette ambiance campagnarde pataude et pleine de bassesse. Pour ma part je me suis profondément ennuyée.

Je n'ai ressenti aucune autre sensation que cet ennui. Ni attachement aux personnages jamais sympathiques, ni fascination pour l'ambiance que j'ai trouvée plate au possible.

J'attendais de la lecture de ce classique de la littérature anglaise bien plus. Je le trouve clairement surestimé.

Le simple fait que les filles Brontë soient devenues écrivains malgré leur vie recluse et fermée ne suffit pas à faire de leurs livres des chefs d'oeuvre. EN tout cas, pas de celui-là!

Ou alors considère t-on qu'être capable de produire un récit sans saveur est digne d'un génie...
Bref j'ai tiré ma peine jusqu'au bout, mais on ne m'y reprendra plus!

Engagez-vous qu'ils disaient...

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12 septembre 2009

Livre: Un dieu, un Animal de Jérôme Ferrari

Un dieu un animal

 

Ma note: 3/5 (un texte fort mais pas en chocolat...)

Le topo:

Un jeune homme a pris la décision de quitter son village natal pour aller, revêtu du treillis des mercenaires, à la rencontre du désert qu'investirent tant d'armées, sous des uniformes divers, après le 11 septembre 2001.

De retour du checktpoint où la mort n'a pas voulu de lui, ce survivant dévasté est condamné à affronter parmi les siens une nouvelle forme d'exil.

Il se met alors en demeure de retrouver la jeune fille de ses rêves d'adolescent, mais cette dernière semble avoir disparu sous les traits d'une jeune femme désormais vouée corps et âme à son entreprise...

Requiem pour une civilisation contemporaine médusée par les sombres mirages de la guerre comme par la violence inouïe de l'horreur économique, cérémonie cruelle et profane qu'illumine l'ardente invocation d'un improbable salut, Un dieu un animal retentit des échos du chant bouleversant que fait entendre une humanité crucifiée sur l'autel de la dépossession.


Mon avis:

Un livre qui se dévale, sans pause, d'une seule inspiration. Non parce qu'il est terriblement passionnant mais parce que sa forme l'exige et que sa taille le permet.

Ce bouquin est sombre vous l'aurez compris. Sombre, comme un long cri.

Dans ce cri se mêlent 2 voix: celle du jeune homme obsédé par la guerre et la violence qui le poursuivent, et finissent par le hanter, et celle de Magali sacrifiée à l'autel du dieu Economie qui la dépossède d'elle même. Ces 2 désespoirs cherchent à se consoler l'un l'autre en souvenir d'une époque où le bonheur était encore palpable.

Le "héros" est à l'image du capitaine Willard dans Apocalypse Now (film que j'ai détesté au passage) torturé et fasciné à la fois par l'horreur de la guerre. Pas facile de s'identifier à lui...

Magali elle est désabusée, abusée, utilisée, piétinée par un système qu'elle fini pourtant par justifier: hors de lui il n'y a rien que le néant.

L'un dans l'autre, c'est un texte choc mais dur d'où ne pointe aucune trace d'optimisme. 

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09 août 2009

Livre: Le roi, le sage et le bouffon de Shafique Keshavjee

Le roi, le sage et le bouffon Ma note: 3/5 (synthétique et ludique découverte des grandes religions)

Le topo:                          

Les jeux olympiques de la religion !
Une compétition entre un juif, un chrétien, un musulman, un hindou, un bouddhiste et un athée chargés d'exposer leur doctrine.
Une véritable mine d'informations sur les religions et une belle fable nourrie des interrogations contemporaines.                                      

Mon avis:

Le Roi d’un peuple sans religion va organiser un grand tournoi où chaque grande religion du monde va envoyer un émissaire. Tournoi au terme duquel une des religions sera choisie pour le peuple.

C’est une fable oui. Mais ni simple ni simpliste.

L’idée est originale pour nous faire découvrir un peu l’essentiel de chaque religion ainsi que les arguments de leurs détracteurs.

Il reste que je ne comprends toujours pas grand-chose au bouddhisme et à l’hindouisme malgré le propos ici simplifié.

Et que je suis toujours sidérée de voir à quel point le judaïsme, le christianisme et l’islam sont proches. Leurs affrontements sont sans fondements religieux : ils prient le même Dieu, croient aux mêmes prophètes, aux mêmes livres presque. De quoi regretter encore plus qu’ils se tapent sur la gueule pour le profit de tel organisation assoiffée de pouvoir ou tel dirigeant fanatique.

Deux petits regrets dans le parti pris de l’auteur

-  que le discours du représentant de la pensée libre, l’athée soit trop téléphoné. Il  se base sur la seule question : Si Dieu existe, pourquoi toute cette souffrance. Il aurait pu pousser la philosophie athée un peu plus loin que ça.

- que le représentant de l’islam soit un soufi. J’adore la mystique soufie, elle est pleine de poésie, de beauté, de tolérance, de réflexion… mais elle n’est pas représentative de l’islam. Elle reste assez marginale au niveau mondial. Par ce choix on a l’impression qu’on est obligé de prendre une version alternative, une version «soft» de l’islam pour défendre ses couleurs. Mais bon j'arrête où vous allez croire que je suis jamais satisfaite quand on parle de cette religion!

Quoi qu’il en soit l’auteur connait son sujet et nous sert un discours inter-religieux d’une rare richesse.  

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08 août 2009

Livre: Mao's Last Dancer (le dernier danceur de Mao) de Li Cunxin

Mao's Last Dancer Ma note: 3/5 (Une version chinoise et dansante de notre Cosette nationale)

Le topo:
Né en 1961, dans un village misérable du nord-est de la Chine, Li Cunxin est le sixième d'une famille de sept enfants, promis comme ses frères et sœurs à une destinée de paysan perdu dans la masse.

Il voit, à onze ans, sa destinée changer du jour au lendemain lorsque des gardes rouges viennent recruter des écoliers pour servir les objectifs culturels de Mme Mao : on cherche des enfants capables d'être un jour de grands danseurs de ballets et de faire rayonner de par le monde la magnificence de la révolution chinoise. A sa grande surprise, Li est choisi.

Malgré son mal du pays, il se plie à l'impitoyable discipline de la danse, renonce au patois familial pour apprendre le mandarin et adhère de tout son cœur à la Révolution culturelle du Président Mao. Appliqué, obstiné, il travaille d'arrache pied afin de devenir danseur étoile à l'opéra de Pékin. Jusqu'à ce que, envoyé par son école au Texas pour y suivre un stage, il connaisse un nouveau choc en se frottant à l'Amérique et à ses curieuses pratiques.

Il découvre alors que l'art du ballet occidental, si audacieux, si inventif, est à mille lieues des pratiques répétitives de la Chine. Mais il découvre surtout l'Ouest, la liberté, une autre façon de vivre et dès lors, ses yeux se décillent.

Ma Rencontre avec le livre :

Mon p‘tit frangin qui, gamin ne lisait rien, et qui, il y a encore 2 ans était une quiche en anglais parle et lit aujourd’hui la langue de Shakespeare couramment (comme quoi tout est possible). Il a lu ce livre de 400 et quelques pages en anglais et il l’a tant aimé qu’il l’a offert en français à notre mÔman et en anglais à moi.

Ca faisait plusieurs mois que je n’avais pas lu en anglais (et pourtant j’ai ramené plein de livre d’Irlande…. Honte, honte….) et j’ai mis quelque temps à m’y mettre. Mais la langue utilisée dans cette autobiographie était tellement simple que je suis rentrée dedans comme dans du beurre.

 Mon avis :

J’ai été un peu sceptique au début du livre. L’enfance misérable d’un petit chinois au sein d’une famille nombreuse qui se débattait pour sa survie et son unité. De trop bons sentiments servis par des mots trop simples. Ca sentait le mélo facile.

Et puis, un jour, par un hasard total, notre gentil pouilleux est choisi très aléatoirement pour partir à Beijing étudier le ballet. Le quoi ? Le ballet. Lui n’en a jamais entendu parler. On est aussi étonné que lui de la tournure inattendue que prend sa vie promise aux champs et à la misère. A partir de là, on se laisse embarquer dans la lecture. Et presque comme lui on observe avec curiosité tout ce que la vie lui a secrètement réservé. La nourriture a profusion, la solitude, le travail acharné, les rencontres qui changent sa vie….

J’ai aimé la sincérité du ton. Ce qui peut paraitre de la naïveté n’est autre que le discours d’un petit paysan amené vers un destin exceptionnel un peu à son insu.

Bref, une fois rentrée dans cette autobiographie je l’ai dévorée. J’ai aimé suivre son questionnement social  allant de l’adhésion totale à la propagande maoïste à la critique contre son endoctrinement. Sa découverte de l’Amérique où il va méfiant et persuadé d’y trouver une misère immense est savoureuse.

Certes tout ça reste d’une gentillesse consensuelle tout le long, mais je me suis quand même laissée émouvoir aux larmes (oui, bon, j’ai la larme facile c’est vrai) par la vie et la personnalité de Li.

Un livre étonnant par sa simplicité, un témoignage passionnant d’un jeune membre du parti maoïste, et un destin aussi extraordinaire qu’improbable.

Merci Gaga pour la découverte.

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27 juillet 2009

Livre: Au Pays de Tahar Ben Jelloun

Au_Pays_Ben_JellounMa note: 3/5 (Un livre qui est comme une rencontre)

Le topo:  A quelques mois de la retraite, Mohamed n'a aucune envie de quitter l'atelier où il a travaillé presque toute sa vie depuis qu'il est parti du bled.

Afin de chasser le malaise diffus qui l'envahit, il s'interroge sur lui-même avec simplicité et humilité. Il pense à son amour profond pour l'islam, dont il n'aime pas les dérives fanatiques ; il se désole de voir ses enfants si éloignés de leurs racines marocaines; il réalise surtout à quel point la retraite est pour lui le plus grand malheur de son existence.

Un matin, il prend la route de son village natal, décidé à construire une immense maison qui accueillera tous ses enfants. Un retour " au pays" qui sera loin de ressembler à ce qu'il imaginait.

Ma rencontre avec ce livre:

Elle n'a pas été de tout repos. En effet il m'a été envoyé dans le cadre de l'opération Babelio alors que j'étais encore en Turquie. Ma soeur en a profité pour l'embarquer avec elle... en Equateur. Sans me le dire.

Du coup moi je l'ai cru perdu par la poste et après moultes aventures (passionnantes, n'en doutez pas!) j'en ai retrouvé la trace. Il s'était baladé en Equateur. PEut être même au Pérou et en Bolivie (certaines étapes de son passé restent au jour d'aujourd'hui obscures) et se trouvait, enfin, à Bordeaux.

Il m'a été envoyé par la poste à Chanteuge, centre de la France, très joli village où je me trouve à présent. Et le voilà, comme son personnage principal, rentré, après l'exil, au pays. ^o ^

Mon avis:

J'ai trouvé très touchante l'histoire de cet homme qui a traversé sa vie doucement et se rend compte à la fin qu'il est seul.

Un homme qui a tenu à vivre selon ses valeurs, un homme qui aime sa religion: celle qui l'appaise et le console, un homme qui aime aussi profondément ses enfants sans pourtant vraiment les connaître ni savoir se faire aimer d'eux, un homme bon et droit qui passe pour un homme faible et s'en attriste, un homme qui n'est pas pour autant dépourvu de révolte ou d'indignation, un homme têtu avec la tête pleine de rêve.

Quant il décide, à la retraite, de réaliser son rêve: construire une maison aussi grande que son coeur pour y réunir toute sa famille, est-ce trop demander? , il se heurte à la réalité, bien moins douce. Les enfants ont leur vie. Ils sont des françaouis. Et lui, est seul. Amertume.

Cette amertume nous reste collée aux basques une fois le livre fermé, sentiment mêlé à plein d'autres, en vrac, plein de tendresse pour ce bonhomme au coeur plus grand que son destin, l'envie de continuer à rêver sa vie, la tête pleine des vents et du sable qui balaye son bled et finiront par l'ensevelir, l'intuition que la fin de sa vie doit être comme ça: seule, désabusée mais aussi douce et réconfortante.

De Ben Jelloun je n'avais lu que "Partir" et j'y avais trouvé une certaine extravangance dans une histoire un peu à la Almodovar. Cette fois au contraire je trouve le récit très pudique, un portrait d'homme tout en douceur. J'ai l'impression d'avoir rencontré Mohammed et j'ai envie de dire "Enchantée".

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13 juillet 2009

Livre: Le roi d'Afghanistan ne nous a pas mariés de Ingrid Thobois

le_roi_d_afghanistan Ma note : 4/5 (ce que j'aurais pu/voulu écrire, mais en beaucoup mieux)

Le topo:

Composé par une jeune femme de vingt-cinq ans, ce premier roman sensible et ténu est le récit d’une passion double: pour un pays et pour un homme. Il est imprégné des mille couleurs et odeurs de l’Afghanistan, terre violente et envoûtante où l’amour peut germer.

Ma rencontre avec le livre:

Voilà un livre qui m'avait accroché par son titre il y a quelque temps sur la toile. On imagine tout plein de choses à la lecture d'un titre pareil. Je me suis, tout de suite, imaginée un destin extraordinaire où se mêlent la passion, l'aventure, les milles et unes nuits, la route, l'Orient...

J'ai retrouvé par hasard ce livre à la bibliothèque du quartier alors que j'avais la charge de sélectionner les livres que toute la famille va lire cet été. (La ceuillette a été bonne d'ailleurs).Et voilà.

Mon avis:

C'est un livre qui parle d'amour. D'amour pour un homme. Et d'amour pour un pays qui est l'Afghanistan.

"On dit que le grand amour est un voyage" raconte la 4eme de couverture. Et c'est vrai. Et c'est peut être pour ça que je suis tout autant amoureuse du voyage que de l'amour.

Certains diront que le style est saccadé parce qu'on passe indiféremment d'un amour à l'autre.
POur ma part, je me suis complètement laissée embarqué par cette analogie et happée ce livre.
La fascination de l'auteur pour l'Afghanistan où elle a enseigné le français (...) se développe et s'épanouit, s'envole au fil des pages. C'est très très bien écrit et terriblement contagieux.
L'histoire d'amour, elle, à l'inverse, s'affaisse, et atteint son point de chute dans une rencontre pleine de poésie avec le roi d'Afghanistan.

Ce livre est un voyage. Ingrid Thobois a un parcours qui ne me laisse pas indifférente et un talent que j'envie pour conter son amour du voyage et la passion amoureuse.
Contente de l'avoir lue.
Je suivrai ses publications. Voilà quelques liens pour en apprendre plus sur elle.

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11 juillet 2009

Livre: Une vie gaspillée de Rudyard Kipling

Une vie gaspillée : Extrait du recueil Simples contes des montagnes  Ma note : 3/5 (pour 2 bonnes nouvelles et le plaisir de relire Kipling)

Le topo:

Au pied de l'Himalaya, la petite ville de Simla accueille les Anglais civils ou militaires qui fuient la chaleur de l'été indien. Parties de chasse et tournois de tir à l'arc, flirts et histoires d'amour, commérages et intrigues rythment les journées de cette petite société ou tout le monde se connaît et où rien n'échappe à personne...

Une chronique de l'Inde victorienne pleine de finesse et d'humour par l'auteur du Livre de la jungle.

Ma rencontre avec le livre:

Je ne vous ai pas parlé d'un livre que j'ai adoré il y a quelques mois: Kim de Kipling.
Kipling, on le connait forcément par le livre de la jungle mais qui l'a lu finalement?
J'ai lu Kim avec une délectation indicible: un 5/5. Carrément. Ainsi donc quand je suis tombée sur ce recueil de nouvelles "Une vie gaspillée" pour 2 euros je me suis projetée à nouveau dans l'Inde vue par Kipling et sa plume empreinte à la fois d'exotisme, de critique et de douce moquerie.
Et ma fois c'est tout à fait ça.

Mon avis:

5 nouvelles, pas toutes de la même valeur. Comme dans tout recueil.  Kipling y dépeint avec une plume acerbe la société anglaise installée dans l'Inde colonisée.

J'ai beaucoup aimé "Fausse aurore" et "les flèches de Cupidon".

Dans la première, l'atmosphère, le tourbillon de la tempête, l'étouffement de la poussière, l'essoufflement de la course, tout y est transmit avec brio. Quant à la deuxième le ton est le même que dans Kim: direct, moqueur, grinçant: un bonheur!
J'ai moins aimé les 3 autres. Voir pas du tout pour une ("Son épouse légitime")
Mais c'est un recueil qui permet de découvrir le très grand Kipling si vous n'en avez pas encore eu l'occasion (et ce serait fort dommage). C'est aussi une introduction à l'univers à la fois exotique et triste de la communauté d'anglais aux Indes dans toute sa petitesse, dans toute sa solitude.

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13 juin 2009

Livre: Les amants de la Mer Rouge de Sulaiman Addonia

Les Amants de la Mer RougeMa note: 3/5 (les 2 pieds dans le plat, mais au moins le plat est intéressant)

Le Topo:

Djeddah, fin des années 80. Naser est un jeune Erythréen de vingt ans que les troubles politiques dans sa terre natale ont forcé à émigrer en Arabie saoudite où, pour gagner sa vie, il lave les voitures.

Là-bas, les femmes sont cachées sous leurs voiles et les hommes ont les pleins pouvoirs. Seule prévaut la justice des riches et des puissants. Naser grandit dans un climat brutal et ses moindres faits et gestes sont épiés par la police religieuse tandis que sa vie est rythmée par les sermons stridents de l'impitoyable imam de la mosquée locale. Jusqu'au jour où il reçoit - sacrilège - un mot d'amour écrit par une inconnue.

Bravant les chefs religieux et politiques, Naser décide de vivre cette passion, tout en sachant qu'il risque sa vie s'il venait à être découvert. Les Amants de la mer Rouge est l'histoire d'un amour interdit, dans une Arabie Saoudite brûlante et tyrannique, une passion universelle et moderne tout à la fois.

Ma rencontre avec le livre:

Quand j'ai su que ce livre était proposé aux bloggeuses en échange d'une critique (système que vous connaissez maintenant) je n'ai pu qu'accepter.

Il est arrivé à Pau. Mum l'a lu dans l'avion qui l'amenait à Istanbul. On l'a amené à Urfa où Aline l'a lu. Quant à moi je l'ai lu entre 2 ou 3 jours.

Mon avis:

Il y a des livres dont on a du mal à parler. Celui-là en fait partie et j'ai attendu presque un mois pour écrire mon avis.
J'ai du mal à construire un raisonnement objectif dessus, vous devrez donc vous contenter d'un méli-mélo entièrement subjectif et encore plus fouilli.

Evidemment d'un livre qui parle d'amour dans une société musulmane et particulièrement en Arabie Saoudite j'attendais pas mal de choses.
Quelque part j'attendais qu'on parle de moi et de mon histoire. Ca n'a pas du tout été le cas donc passons sur cette première déception qui ne concerne que moi et parlons de ce que ce livre apporte à un lecteur basique (à entendre qui n'a pas la relation que j'ai au duo amour/islam).

Indiscutablement, son intérêt principal est de nous plonger dans une société qui nous est très étrangère et peu connue. POur ceux qui connaissent pas ou peu le monde musulman, ici il est décrit dans sa forme la plus politisée et la plus extrême.

On y retrouve le refus de la vie et de ses joies, en bloc, très caractéristique de ce que peut être le fondamentalisme religieux sous toutes les croyances.
C'est visuellement très bien suggéré par ce monde décrit en noir et blanc, où les femmes ne sont que des ombres et les hommes se débattent entre eux dans le monde terne qu'ils ont eux-même créé.
L'apparition de la couleur concorde avec la découverte de l'amour et c'est le début de la lutte entre une société impitoyable et les héros amoureux, accrochés coûte que coûte à la vie.
L'image est percutante et parlera à tous ceux qui craignent ou connaissent peu ces sociétés.

Quant à moi, si j'ai aimé découvrir l'Arabie Saoudite, étouffante, injuste, qui se débat avec elle-même entre droit de vie et diktat de la religion, j'aurais aimé, au delà de cette description intéressant, qu'on me propose une vision moins manichéenne de l'islam et un ton moins mielleux pour parler de l'amour.

J'aurais voulu un livre moins facile, moins cliché parce que c'est un sujet dont je connais la complexité et la profondeur.

Il reste que c'est un livre rapide et aisé à lire. Il a beaucoup plu à ma mère et à sa copine Aline qui l'ont, toutes les 2, lu en quelques jours lors de leur voyage en Turquie.
C'est aussi un manifeste pour le droit au bonheur dans des sociétés asphyxiées à cause de la folie des hommes qui usent et abusent de Dieu pour vous étouffer avec.

A la suite de ce livre je me demande s'il est possible finalement de lire/d'écrire sur l'islam sans que ce ne soit, soit une apologie, soit une dénonciation.
Le relativisme, ça n'a pas l'air d'être une valeur qui marche chez les écrivains.

 

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30 mai 2009

Livre: Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Le Cercle Litteraire des Amateurs d'Epluchures de PatatesMa note: 4/5 (un livre qui se dévore avec grand plaisir et dont l'ambiance pleine d'embruns et d'humanité nous suit un moment)

Le Topo:
Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman.
Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ?
Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis - un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d'un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates...) délices bien évidemment strictement prohibés par l'occupant.

Jamais à court d'imagination, le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates déborde de charme, de drôlerie, de tendresse, d'humanité Juliet est conquise. Peu à peu, elle élargit sa correspondance avec plusieurs membres du Cercle et même d'autres habitants de Guernesey , découvrant l'histoire de l'île, les goûts (littéraires et autres) de chacun, l'impact de l'Occupation allemande sur leurs vies... Jusqu'au jour où elle comprend qu'elle tient avec le Cercle le sujet de son prochain roman. Alors elle répond à l'invitation chaleureuse de ses nouveaux amis et se rend à Guernesey. Ce qu'elle va trouver là-bas changera sa vie à jamais.

Ma rencontre avec ce livre:

Quand je me suis rendue à la fnac, je savais que je devais choisir avec attention ma sélection à amener en Turquie. J'avais plusieurs titres mais finalement, si j'en ai pris quelques uns de ces titres je me suis baladée entre les rayons et j'ai pioché ici et là des jolies couvertures, des titres accrocheurs, des coups de coeur du libraire, et des titres dont j'avais déjà entendu du bien.
C'est ce qui s'est passé avec celui là. j'avais lu plusieurs avis, tous positifs, sur les blogs de lecture. Il était donc dans mes bras avec ma trop lourde pré-sélection.
Quand je suis allée demander un renseignement à un guichet, la fnacquière (oui, oh....) est partie d'un grand discours ventant ce livre qu'elle avait adoré et donnant son avis sur tous les autres.
Elle ne l'a pas su mais c'est ses commentaires qui en partie ont fait le tri final de ma sélection.
Son enthousiasme l'a emporté et moi j'ai emporté ce bouquin au titre à rallonge dans mes bagages.

Mon avis:

Lu à une vitesse déplorable (ma PAL arrive  un stade critique, c'est grave) voilà un livre très réussi, plaisant tant par sa forme épistolaire vive et originale que par son fond : une mosaïque de personnages très attachants qui fait face à l'horreur de la guerre à leur manière unique d'insulaires coupés du monde. Une manière à la fois burlesque, pataude et pleine d'humanité: avec leurs faiblesses, leur tendresse.
On a l'impression que c'est toute l'île de Guernesey qui a souffert et survécu à l'occupation tant on ressent les liens qui uniront ses habitants lors de cette épreuve et longtemps après. Pour le meilleur et pour le pire.
Un moment de lecture très agréable.
Si je recroise cette fnacquière (c'est bon, je sais.....) je lui dirai merci pour ses avis qui ont tous été avisés!

Mon seul avis (très) négatif est que, parmi les habitants de l'île, le seul personnage très très antipathique s'appelle Adélaïde......

COmme d'habitude.....

 

Joyeusement posté par la bohémienne Vanillabricot dans la catégorie - D-Livres - Vous en dites quoi? [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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