Ma note: 4/5
Le topo :
"J'écris avec un crayon. Un vieux bout de crayon, trouvé dans une vieille boîte, par hasard. Je l'ai taillé et sur le peu de papier blanc qui me reste ce soir, j'écris."
Avec un vieux bout de crayon ou autre chose, sur des feuilles de papier blanc ou non, pendant plus de vingt ans, Dino Buzzati tint une manière de journal. Singulier journal composé aussi bien de choses vues, que de saynètes ou de véritables récits courts, proches de la nouvelle, où constamment au-delà de l'événement, l'instantané même apparaît transfiguré.
Jamais Buzzati n'exprima dans une forme aussi concise et dure le combat quotidien qu'il mena contre ses chimères, la fuite du temps, l'absurdité de la condition humaine, la vanité et peut-être par-dessus tout la hantise de vieillir et la solitude. Une sorte de bréviaire de vie.
Ma rencontre avec le livre:
Bon, ai-je honte ou n'ai-je pas honte d'avoir ENCORE accepté de recevoir un livre contre critique?
Mais c'est que c'est Dino Buzzati dont j'ai (enfin) lu le (fameux) désert des tartares cet été (beaucoup aimé) et puis ce sont des nouvelles qui plus est, et j'aaaaiiime les nouvelles.
Mon avis:
J'ai beaucoup tardé à vous donner mon avis sur ce livre et pour cause: il est dans mon sac depuis plus d'un mois et il n'est toujours pas terminé.
Mais point de conclusion hâtive mes chers amis lecteurs. J'aime ce livre.
J'ai commencé à vouloir le lire vite et mal pour remplir mon obligation de poster rapidement une critique.
Et puis je me suis rendue compte que je gâchais tout l'intérêt du livre.
Parce que dire que ce sont des nouvelles c'est bien réducteur. Ce ne sont même pas des nouvelles (à déconseiller donc aux détracteurs du genre )
C'est une multitude, de notes, d'idées, de petites histoires, toujours très courtes, le tout formant un ensemble complètement décousu. Il n'y a rien de linéaire dans ce livre. Et aucun intérêt du coup à le lire d'une traite.
Par contre, depuis que je m'autorise à le lire parcimonieusement je me régale.
Tout ces textes, part minime des kilomètres de notes qu'a prises l'auteur tout au long de sa vie est un petit trésor qui ne loupe pas une occasion ou un coin de page pour nous dépeindre avec humour la mesquinerie, la jalousie, l'hypocrisie, la vanité, soif de pouvoir, orgueil de nos chers concitoyens, de nous même.
Pour autant c'est rarement sombre, souvent pétillant.
Buzzati fustige au travers de ces pages toutes les bassesses qui lui semblent être une fatalité pour l'humanité avec un style jouissif.
On se retrouve souvent dans les absurdités des anecdotes, on ose sourire de soi-même, de l'autre, de nous.
Je dessine des petits sourires pour mes notes préférées. Et je souris souvent. Je picore, savoure chaque page avec son lot de surprise et de pertinence. C'est bien écrit. C'est intelligent. J'avance sans hâte parce que je n'ai aucune envie d'arriver à la fin!
Tags : culture, livre, livre offert
Ma note: 2/5 (divertissant mais pas inoubliable)
Le topo:
« Je t emmènerai dans un endroit secret où les livres ne meurent jamais et où personne ne peut les détruire... »
Barcelone,
années 1920. David Martin, dix-sept ans, travaille au journal La Voz de
la Industria. Son existence bascule un soir de crise au journal : il
faut trouver de toute urgence un remplaçant au feuilletoniste
dominical. Pour
la première fois, David est payé pour ce qu'il aime le plus au monde :
écrire.
Puis arrive une offre extraordinaire
: un éditeur parisien, Corelli, lui propose, moyennant cent mille
francs, une fortune, de créer une texte fondateur, sorte de nouvelle
Bible, « une histoire pour laquelle les hommes seraient capables de
vivre et de mourir, de tuer et d être tués, d offrir leur âme ».
Du
jour où il accepte ce contrat, une étrange mécanique du meurtre se met
en place autour de David. En vendant sa liberté d écrivain, aurait-il
vendu son âme au diable ? Épouvanté et fasciné, David se lance dans une
enquête sur ce curieux éditeur, dont les pouvoirs semblent transcender
le temps et l espace.
Pourquoi jai choisi ce livre:
Ba je me suis laissée tenter par le côté suite d'un Best Seller (que je n'ai pas lu d'ailleurs) offert gratuitement, j'avoue...
Mon avis:
Bon on va faire rapido parce que
1. mon billet est hyper en retard par rapport aux demandes de l'éditeur qui m'a gentillement envoyé ce livre. 2. je n'ai pas été transcendée, je n'ai donc pas grand chose à en dire.
Alors oui, on se laisse assez facilement embarquer par l'histoire quelque peu surnaturelle sur les bords (même si je ne suis pas vraiment adepte des ambiances fantastiques à la base), on aime forcément bien tous ces personnages qui adorent comme nous les livres, livres qui rythment d'ailleurs leur vie. On avale les pages d'une traite, il y a certes une ambiance.
Bon voilà, ça ira pour les +.
D'un autre côté c'est une lecture de 500 pages vites lues mais qui ne satisfont pas réellement, dont on ne retire rien, l'image qui me vient c'est une vulgaire comparaison avec le Mac do (oui, ça a à voir avec le fait que je suis au régime et que j'ai envie de Mac Do et que je vendrais toute ma famille sauf ma Lili pour un bon Mac Do, quoique .. même Lili...bref...).
Pour en revenir à la comparaison, on dévore les chapitres de façon quasi boulimique et on finit vaguement écoeuré, prête à ne pas y revenir avant un moment.
Je comprends qu'on apprécie l'évasion de l'histoire, et la balade dans Barcelone en compagnie de ces illuminés de la littérature, mais ce livre ne m'a pas chamboulée pour un sou, il m'a même agacée par ses scènes trop... hollywoodiennes sur la fin.
On a l'impression qu'il a été écrit pour être adapté par Spielberg, scène de combat dans les 10 dernières minutes et coucher de soleil du générique final compris.
Bof.
Tags : culture, livre, livre offert
Comme j'ai plusieurs notes de lecture de retard j'ai ni l'envie ni le courage d'en faire un vrai long article individuel. Voici donc en bref mes lectures de ces dernières semaines. Plutôt bonnes d'ailleurs. Allez on prend le petit carnet et on note ces quelques titres!
De la part de la princesse morte, de Kenizé Mourad: 5/5
Premier livre de cette sélection et pas par hasard. Un très beau coup de coeur. L'équivalent pour moi de "La pierre et le sabre" quand j'étais au Japon: une épopée historique passionnante basée sur des faits réels cette fois-ci en Turquie, puis au Liban, en Inde et enfin en France.
La vie de Selma, petite fille du dernier sultan d'Istanbul détroné par les forces européennes après la première guerre mondiale puis chassé et poussé à l'exil par la prise de pouvoir du général Mustafa Kemal (Atatürk) nous plonge dans une période mouvementée et fascinante.
Ce livre, raconté par la fille de Selma elle-même, nous conte le destin romanesque de sa mère, personnage hors du commun, sous fond de la fin de l'Empire Ottoman, puis de la révolte indépendantiste et communautariste en Inde et enfin d'occupation allemande à Paris dans les années 40.
Un roman informatif, exotique, riche. A conseiller à tous. Evasion garantie!
Une saison blanche et sèche, d'André Brinks: 4/5
J'avais lu d'André Brinks : Au plus noir de la nuit. J'avais aimé son écriture et son engagement.
Encore une fois je suis sous le charme. Voilà un livre qui peut se lire comme un roman policier mais qui devient petit à petit bien plus que ça: une dénonciation du système d'apartheid d'une effrayante clarté et un manifeste humaniste.
Une écriture fluide, un texte sans hésitation, une réussite.
Le narrateur, blanc, embarqué un peu à son insu dans une affaire qui l'amènera à remettre en cause, seul contre tous, tout un système clôt le roman en disant : « Ecrire, raconter... pour qu’il ne soit plus possible de dire encore une fois : je ne savais pas. » : Tout est dit!
Un livre à lire.
Songs my mother never taught me, de Selçuk Altun: 3/5
Certes je prends des cours de turcs et je progresse doucement mais de là à lire des romans.... Alors quand j'ai trouvé des livres turcs en version anglais dans une librairie d'Ankara j'ai sauté sur l'occasion et en ai acheté quelques uns.
Voici un policier, encore. On passe d'un des 2 personnages principaux à l'autre. Les deux semblent s'opposer sur tout. L'un est un pauvre bougre, bigot et serial killer. L'autre fils torturé d'une famille richissime d'Istanbul aux secrets pesants.
Leurs vies vont s'entre-croiser en permanence, notamment autour de leur amour pour les livres.
J'ai aimé la construction du livre, les errances dans les rues d'Istanbul et même si je me suis un peu perdue dans l'intrigue à un moment (surement parce que c'était en anglais) j'ai passé un bon moment de lecture et ai adoré la fin.
Un auteur qui n'est malheureusement pas traduit pour l'instant en français.
Au couvent des petites fleurs d'Indu Sundaresan: 4/5
Je suis bien triste de ne pas retrouver les notes que j'avais prises pour parler de ce livre parce que ça doit faire 2 mois que je l'ai lu et que, même si je me souviens l'avoir beaucoup aimé, je vais avoir bien du mal à vous en parler après si longtemps.
Il s'agit d'un recueil de nouvelles qui réussit à nous parler de la réalité indienne d'aujourd'hui dans sa diversité, ses contradictions, mais sans clichés, sans exotisme gratuit et très joliment racontée.
Je me souviens avoir été touchée par chacune de ces 9 nouvelles d'une façon à chaque fois différente.
La colère des aubergines, de Bulbul Sharma: 3/5
Encore un recueil de nouvelles indien. Mais celui-ci est à ne pas lire en période de régime (ce que j'ai fait, je sais de quoi je parle, c'est une torture). On salive du début à la fin puisque la fil rouge est bien clairement: la nourriture.
Les nouvelles sont sympathiques, pleines de vie et d'éclats et ici la cuisine n'est qu'une excuse pour aborder l'Inde du quotidien, ses mélodrames et pour en sourire!
Quant aux sensations liées à la nourriture elles sont très évocatrices: on sent, on goûte, on entend crépiter les paranthas dans le ghee, bref c'est savoureux et ça donne faim et justement chacune est suivie des recettes des plats évoqués pour le cas ou les épices vous titilleraient par trop les narines.
On dit que pour toucher le coeur d'un homme il faut passer par son ventre. Pour toucher le coeur d'un pays, d'une culture, il en est de même et ici on plonge dans ce qu'est l'Inde du moins pour moi: un mélange, odorant, visuel, épicé, chaleureux, et bordélique.
Le palais des rêves, d'Ismaïl Kadaré: 3/5
Topo:
Rejeton d’une illustre famille de grands serviteurs de l’Etat, Mark-Alem est embauché dans la plus secrète, la plus puissante, la plus terrifiante institution qui se puisse imaginer : une administration chargée de collecter, jusque dans les provinces les plus reculées, les songes de tout un chacun, de les rassembler dans un lieu unique, puis de les trier, de les classer, de les interpréter, afin d’isoler ces " maîtres-rêves " dans lesquels le destin de l’Empire et de son tyran pourra être déchiffré.
Une état totalitaire absurde inspiré par l’Albanie d’Enver Hoxha.
Un livre qui se lit comme une fable fantastique. Impossible de ne pas penser à Kafka quand on on plonge dans cet univers absurde et onirique, qu'on ne sait pas ou situer: en Albanie, en Turquie....
Impossible aussi de ne pas faire le rapprochement avec des auteurs comme Orwell ou Aldoux Huxley qui par leurs allégories interrogent notre façon de vivre et d'évoluer.
Un livre qui interpelle tout en gardant sa part de mystère.
Merci à Allessandro qui me l'a envoyé :o) Il reprendra bientôt le chemin de la maison!
Tags : culture, inde, livre, nouvelles, turquie
Ma note: 2/5 (lecture mitigée mais quand même largement déçue)
Le topo:
Dakar. Dans une cour baignée de soleil, une jeune femme laisse errer
son regard, ailleurs. Depuis quelques jours, elle ne dort plus, ne
s'alimente plus. Depuis son retour de Niakhane, en fait. Depuis cette
rencontre qui a tout balayé.
Cadre dans une ONG, citadine refusant la polygamie, elle a su lutter avec tact contre les carcans, nationaux et familiaux. S'imposer dans un monde d'hommes et nouer un mariage d'amour. Pourtant, là-bas, dans ce village de brousse où elle devait superviser la construction d'un dispensaire, elle a goûté au plaisir animal.
Amours interdites, histoire impossible : entre tradition et modernité, l'abîme est trop grand. L'Afrique écartelée crie son tourment dans sa chair de femme...
Pourquoi jai choisi ce livre:
Envie de lire un peu d'auteurs africains pour changer de mes éternels arabes et de mes occasionnels asiatiques.
Et puis vous savez moi dès que ça parle d'amours interdits j'adooooore. Voilà un topo qui se présentait plutôt bien pour moi.
Mon avis:
Sensation mitigée pour ce livre.
Je n'ai pas du tout accroché aux 2 premiers tiers qui m'ont semblé "trop passionnés pour être honnêtes". Je suis restée insensible à ce cri d'amour un peu trop perçant avec l'envie de dire à l'auteur "arrête de me crier ton désespoir dans les oreilles et je l'entendrai peut être mieux".
Et puis, dernière partie, 50 dernières pages, par je ne sais quel miracle, grâce à je ne sais quel élément déclencheur tout à coup je rentre dans l'histoire et j'entends toute la douleur de cette femme que la passion a rendu folle.
Par contre, je suis résolument restée imperméable à l'aspect "social" de cette histoire d'amour qui m'avait au prime abord intéressé et fait choisir ce livre dans une liste qu'on me proposait. L'opposition "femme de la ville", féministe, indépendante, cultivée qui s'étonne de succomber aux charmes du campagnard polygame.... aurait pu être l'occasion de 2 portraits intéressants et pertinents.
J'ai au contraire trouvé que c'était traité de façon très "harlequinesque". Le paysan torse nu luisant qui réveille les instincts primaires de la bourgeoise....
Bref, très déçue.
Cette impression de lecture est l'occasion de rebondir sur vos commentaires suite à ma note sur les hauts de hurlevents que je n'ai pas du tout aimé.
L'appréciation d'un livre est sujette à trop de variables pour avoir une quelconque valeur universelle. Voirune quelconque valeur tout court.
Age, humeur, lieu et moment de la journée, préoccupations du moment, névroses du lecteur ;o), niveau de détente... Impossible, pour moi, d'écrire une critique qui soit valable en dehors de ces critères subjectifs.
Du coup avis de lecture, voir itinéraire de lecture me conviennent mieux comme termes que "critique".
Il y a quelque chose de presque humain dans la relation d'un livre à son lecteur. C'est fluctuant. Un itinéraire. Un voyage. Du coup, comme pour mes récits de voyage, il s'agit plus de donner mon impression, de l'ancrer aussi par des mots pour moi, que d'écrire quelque chose qui ait une vérité vraie^^
Pour lire d'autres impressions de lecture pour ce même livre.
Et puis on continuera avec l'Afrique pour le prochain bouquin parce que je suis en train de lire le formidable: Une saison blanche et sèche d'André Brinks!
Tags : afrique, culture, livre, livre offert, mot du jourMa note: 1/5 (attention critique assassine, livre long et sans saveur)
Ma rencontre avec ce livre:
J'ai découvert il y a peu de temps que mon école était dotée d'une bibliothèque en français absolument pas ridicule. Beaucoup de classiques. Beaucoup de livres pas lus mais à lire!
En parcourant les étagères, beaucoup de titres me font de l'oeil.
Tiens. Je n'ai jamais rien lu des soeurs Brontë. Ca me titille depuis un moment et puis j'aime en général assez bien la littérature british. Allons donc pour les Hauts de Hurle-Vent.
J'en ai souvent entendu parler en très grand bien, je m'attendais donc à un livre à l'ambiance très forte. Quelque chose de sombre mais d'envoutant.
J'y allais confiante, la fleur au fusil....
Le topo:
Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l'ont méprisé.
Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s'approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu'au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.
Ce roman anglais, le plus célèbre du XIXe siècle à nos jours, a été écrit par une jeune fille qui vivait avec ses soeurs au milieu des landes de bruyère. Elle ne connut jamais cette passion violente ni cette haine destructrice. Elle imagina tout, même le fantôme de la femme aimée revenant tourmenter l'orgueilleux qui l'a tuée.
Mon avis.
Lecture péniple et très décevante. J'ai trouvé l'intrigue inintéressante. Des histoires de famille glauques dans un village triste. Ca excite peut être les citadins cultivés et enfarinés cette ambiance campagnarde pataude et pleine de bassesse. Pour ma part je me suis profondément ennuyée.
Je n'ai ressenti aucune autre sensation que cet ennui. Ni attachement aux personnages jamais sympathiques, ni fascination pour l'ambiance que j'ai trouvée plate au possible.
J'attendais de la lecture de ce classique de la littérature anglaise bien plus. Je le trouve clairement surestimé.
Le simple fait que les filles Brontë soient devenues écrivains malgré leur vie recluse et fermée ne suffit pas à faire de leurs livres des chefs d'oeuvre. EN tout cas, pas de celui-là!
Ou alors considère t-on qu'être capable de produire un récit sans saveur est digne d'un génie...
Bref j'ai tiré ma peine jusqu'au bout, mais on ne m'y reprendra plus!
Engagez-vous qu'ils disaient...
Ma note: 3/5 (un texte fort mais pas en chocolat...)
Le topo:
Un jeune homme a pris la décision de quitter son village natal pour aller, revêtu du treillis des mercenaires, à la rencontre du désert qu'investirent tant d'armées, sous des uniformes divers, après le 11 septembre 2001.
De retour du checktpoint où la mort n'a pas voulu de lui, ce survivant dévasté est condamné à affronter parmi les siens une nouvelle forme d'exil.
Il se met alors en demeure de retrouver la jeune fille de ses rêves d'adolescent, mais cette dernière semble avoir disparu sous les traits d'une jeune femme désormais vouée corps et âme à son entreprise...
Requiem pour une civilisation contemporaine médusée
par les sombres mirages de la guerre comme par la violence inouïe de
l'horreur économique, cérémonie cruelle et profane qu'illumine
l'ardente invocation d'un improbable salut, Un dieu un animal retentit
des échos du chant bouleversant que fait entendre une humanité
crucifiée sur l'autel de la dépossession.
Mon avis:
Un livre qui se dévale, sans pause, d'une seule inspiration. Non parce qu'il est terriblement passionnant mais parce que sa forme l'exige et que sa taille le permet.
Ce bouquin est sombre vous l'aurez compris. Sombre, comme un long cri.
Dans ce cri se mêlent 2 voix: celle du jeune homme obsédé par la guerre et la violence qui le poursuivent, et finissent par le hanter, et celle de Magali sacrifiée à l'autel du dieu Economie qui la dépossède d'elle même. Ces 2 désespoirs cherchent à se consoler l'un l'autre en souvenir d'une époque où le bonheur était encore palpable.
Le "héros" est à l'image du capitaine Willard dans Apocalypse Now (film que j'ai détesté au passage) torturé et fasciné à la fois par l'horreur de la guerre. Pas facile de s'identifier à lui...
Magali elle est désabusée, abusée, utilisée, piétinée par un système qu'elle fini pourtant par justifier: hors de lui il n'y a rien que le néant.
L'un dans l'autre, c'est un texte choc mais dur d'où ne pointe aucune trace d'optimisme.
Tags : culture, livre
Ma note: 3/5 (synthétique et ludique découverte des grandes religions)
Le topo:
Les jeux olympiques de la religion !
Une compétition entre un juif, un chrétien,
un musulman, un hindou, un bouddhiste
et un athée chargés d'exposer leur doctrine.
Une véritable mine d'informations sur
les religions et une belle fable nourrie
des interrogations contemporaines.
Mon avis:
Le Roi d’un peuple sans religion va organiser un grand tournoi où chaque grande religion du monde va envoyer un émissaire. Tournoi au terme duquel une des religions sera choisie pour le peuple.
C’est une fable oui. Mais ni simple ni simpliste.
L’idée est originale pour nous faire découvrir un peu l’essentiel de chaque religion ainsi que les arguments de leurs détracteurs.
Il reste que je ne comprends toujours pas grand-chose au bouddhisme et à l’hindouisme malgré le propos ici simplifié.
Et que je suis toujours sidérée de voir à quel point le judaïsme, le christianisme et l’islam sont proches. Leurs affrontements sont sans fondements religieux : ils prient le même Dieu, croient aux mêmes prophètes, aux mêmes livres presque. De quoi regretter encore plus qu’ils se tapent sur la gueule pour le profit de tel organisation assoiffée de pouvoir ou tel dirigeant fanatique.
Deux petits regrets dans le parti pris de l’auteur
- que le discours du représentant de la pensée libre, l’athée soit trop téléphoné. Il se base sur la seule question : Si Dieu existe, pourquoi toute cette souffrance. Il aurait pu pousser la philosophie athée un peu plus loin que ça.
- que le représentant de l’islam soit un soufi. J’adore la mystique soufie, elle est pleine de poésie, de beauté, de tolérance, de réflexion… mais elle n’est pas représentative de l’islam. Elle reste assez marginale au niveau mondial. Par ce choix on a l’impression qu’on est obligé de prendre une version alternative, une version «soft» de l’islam pour défendre ses couleurs. Mais bon j'arrête où vous allez croire que je suis jamais satisfaite quand on parle de cette religion!
Quoi qu’il en soit l’auteur connait son sujet et nous sert un discours inter-religieux d’une rare richesse.
Tags : culture, interculturalité, islam, livre, religion
Ma note: 3/5 (Une version chinoise et dansante de notre Cosette nationale)
Le topo:
Né en 1961, dans un village misérable du nord-est de la Chine, Li
Cunxin est le sixième d'une famille de sept enfants, promis comme ses
frères et sœurs à une destinée de paysan perdu dans la masse.
Il voit,
à onze ans, sa destinée changer du jour au lendemain lorsque des gardes
rouges viennent recruter des écoliers pour servir les objectifs
culturels de Mme Mao : on cherche des enfants capables d'être un jour
de grands danseurs de ballets et de faire rayonner de par le monde la
magnificence de la révolution chinoise. A sa grande surprise, Li est
choisi.
Malgré son mal du pays, il se plie à l'impitoyable discipline
de la danse, renonce au patois familial pour apprendre le mandarin et
adhère de tout son cœur à la Révolution culturelle du Président Mao.
Appliqué, obstiné, il travaille d'arrache pied afin de devenir danseur
étoile à l'opéra de Pékin. Jusqu'à ce que, envoyé par son école au
Texas pour y suivre un stage, il connaisse un nouveau choc en se
frottant à l'Amérique et à ses curieuses pratiques.
Il découvre alors
que l'art du ballet occidental, si audacieux, si inventif, est à mille
lieues des pratiques répétitives de la Chine. Mais il découvre surtout
l'Ouest, la liberté, une autre façon de vivre et dès lors, ses yeux se
décillent.
Ma Rencontre avec le livre :
Mon p‘tit frangin qui, gamin ne lisait rien, et qui, il y a encore 2 ans était une quiche en anglais parle et lit aujourd’hui la langue de Shakespeare couramment (comme quoi tout est possible). Il a lu ce livre de 400 et quelques pages en anglais et il l’a tant aimé qu’il l’a offert en français à notre mÔman et en anglais à moi.
Ca faisait plusieurs mois que je n’avais pas lu en anglais (et pourtant j’ai ramené plein de livre d’Irlande…. Honte, honte….) et j’ai mis quelque temps à m’y mettre. Mais la langue utilisée dans cette autobiographie était tellement simple que je suis rentrée dedans comme dans du beurre.
J’ai été un peu sceptique au début du livre. L’enfance misérable d’un petit chinois au sein d’une famille nombreuse qui se débattait pour sa survie et son unité. De trop bons sentiments servis par des mots trop simples. Ca sentait le mélo facile.
Et puis, un jour, par un hasard total, notre gentil pouilleux est choisi très aléatoirement pour partir à Beijing étudier le ballet. Le quoi ? Le ballet. Lui n’en a jamais entendu parler. On est aussi étonné que lui de la tournure inattendue que prend sa vie promise aux champs et à la misère. A partir de là, on se laisse embarquer dans la lecture. Et presque comme lui on observe avec curiosité tout ce que la vie lui a secrètement réservé. La nourriture a profusion, la solitude, le travail acharné, les rencontres qui changent sa vie….
J’ai aimé la sincérité du ton. Ce qui peut paraitre de la naïveté n’est autre que le discours d’un petit paysan amené vers un destin exceptionnel un peu à son insu.
Bref, une fois rentrée dans cette autobiographie je l’ai dévorée. J’ai aimé suivre son questionnement social allant de l’adhésion totale à la propagande maoïste à la critique contre son endoctrinement. Sa découverte de l’Amérique où il va méfiant et persuadé d’y trouver une misère immense est savoureuse.
Certes tout ça reste d’une gentillesse consensuelle tout le long, mais je me suis quand même laissée émouvoir aux larmes (oui, bon, j’ai la larme facile c’est vrai) par la vie et la personnalité de Li.
Un livre étonnant par sa simplicité, un témoignage passionnant d’un jeune membre du parti maoïste, et un destin aussi extraordinaire qu’improbable.
Merci Gaga pour la découverte.
Tags : chine, culture, danse, livre, livre offert, société
Ma note: 3/5 (Un livre qui est comme une rencontre)
Le topo: A quelques mois de la retraite, Mohamed n'a aucune envie de quitter l'atelier où il a travaillé presque toute sa vie depuis qu'il est parti du bled.
Afin de chasser le malaise diffus qui l'envahit, il s'interroge sur lui-même avec simplicité et humilité. Il pense à son amour profond pour l'islam, dont il n'aime pas les dérives fanatiques ; il se désole de voir ses enfants si éloignés de leurs racines marocaines; il réalise surtout à quel point la retraite est pour lui le plus grand malheur de son existence.
Un matin, il prend la route de son village natal, décidé à construire une immense maison qui accueillera tous ses enfants. Un retour " au pays" qui sera loin de ressembler à ce qu'il imaginait.
Ma rencontre avec ce livre:
Elle n'a pas été de tout repos. En effet il m'a été envoyé dans le cadre de l'opération Babelio alors que j'étais encore en Turquie. Ma soeur en a profité pour l'embarquer avec elle... en Equateur. Sans me le dire.
Du coup moi je l'ai cru perdu par la poste et après moultes aventures (passionnantes, n'en doutez pas!) j'en ai retrouvé la trace. Il s'était baladé en Equateur. PEut être même au Pérou et en Bolivie (certaines étapes de son passé restent au jour d'aujourd'hui obscures) et se trouvait, enfin, à Bordeaux.
Il m'a été envoyé par la poste à Chanteuge, centre de la France, très joli village où je me trouve à présent. Et le voilà, comme son personnage principal, rentré, après l'exil, au pays. ^o ^
Mon avis:
J'ai trouvé très touchante l'histoire de cet homme qui a traversé sa vie doucement et se rend compte à la fin qu'il est seul.
Un homme qui a tenu à vivre selon ses valeurs, un homme qui aime sa religion: celle qui l'appaise et le console, un homme qui aime aussi profondément ses enfants sans pourtant vraiment les connaître ni savoir se faire aimer d'eux, un homme bon et droit qui passe pour un homme faible et s'en attriste, un homme qui n'est pas pour autant dépourvu de révolte ou d'indignation, un homme têtu avec la tête pleine de rêve.
Quant il décide, à la retraite, de réaliser son rêve: construire une maison aussi grande que son coeur pour y réunir toute sa famille, est-ce trop demander? , il se heurte à la réalité, bien moins douce. Les enfants ont leur vie. Ils sont des françaouis. Et lui, est seul. Amertume.
Cette amertume nous reste collée aux basques une fois le livre fermé, sentiment mêlé à plein d'autres, en vrac, plein de tendresse pour ce bonhomme au coeur plus grand que son destin, l'envie de continuer à rêver sa vie, la tête pleine des vents et du sable qui balaye son bled et finiront par l'ensevelir, l'intuition que la fin de sa vie doit être comme ça: seule, désabusée mais aussi douce et réconfortante.
De Ben Jelloun je n'avais lu que "Partir" et j'y avais trouvé une certaine extravangance dans une histoire un peu à la Almodovar. Cette fois au contraire je trouve le récit très pudique, un portrait d'homme tout en douceur. J'ai l'impression d'avoir rencontré Mohammed et j'ai envie de dire "Enchantée".
Tags : culture, exil, identité, interculturalité, islam, livre, livre offert, voyage
Ma note : 4/5 (ce que j'aurais pu/voulu écrire, mais en beaucoup mieux)
Le topo:
Composé par une jeune femme de vingt-cinq ans, ce premier roman sensible et ténu est le récit d’une passion double: pour un pays et pour un homme. Il est imprégné des mille couleurs et odeurs de l’Afghanistan, terre violente et envoûtante où l’amour peut germer.
Ma rencontre avec le livre:
Voilà un livre qui m'avait accroché par son titre il y a quelque temps sur la toile. On imagine tout plein de choses à la lecture d'un titre pareil. Je me suis, tout de suite, imaginée un destin extraordinaire où se mêlent la passion, l'aventure, les milles et unes nuits, la route, l'Orient...
J'ai retrouvé par hasard ce livre à la bibliothèque du quartier alors que j'avais la charge de sélectionner les livres que toute la famille va lire cet été. (La ceuillette a été bonne d'ailleurs).Et voilà.
Mon avis:
C'est un livre qui parle d'amour. D'amour pour un homme. Et d'amour pour un pays qui est l'Afghanistan.
"On dit que le grand amour est un voyage" raconte la 4eme de couverture. Et c'est vrai. Et c'est peut être pour ça que je suis tout autant amoureuse du voyage que de l'amour.
Certains diront que le style est saccadé parce qu'on passe indiféremment d'un amour à l'autre.
POur ma part, je me suis complètement laissée embarqué par cette analogie et happée ce livre.
La fascination de l'auteur pour l'Afghanistan où elle a enseigné le français (...) se développe et s'épanouit, s'envole au fil des pages. C'est très très bien écrit et terriblement contagieux.
L'histoire d'amour, elle, à l'inverse, s'affaisse, et atteint son point de chute dans une rencontre pleine de poésie avec le roi d'Afghanistan.
Ce livre est un voyage. Ingrid Thobois a un parcours qui ne me laisse pas indifférente et un talent que j'envie pour conter son amour du voyage et la passion amoureuse.
Contente de l'avoir lue.
Je suivrai ses publications. Voilà quelques liens pour en apprendre plus sur elle.