La semaine dernière on fêtait dans toute la Turquie le Kurban Bayramı, ou fête du mouton, plus connue chez nous comme l'Aïd El Kebir.
Grande fête religieuse musulmane elle a lieu environ un mois après la fin du ramadan, elle détermine la fin du pèlerinage de la Mecque et elle commémore un épisode religieux qui est aussi présent chez les chrétiens: le sacrifice par Abraham de son fils Ismaël remplacé au dernier moment par un mouton.
C'est pourquoi cette fête est aussi appelée "la fête du sacrifice" et que tous les musulmans qui le peuvent, ce jour là, sacrifient selon des rites précis un animal (ici un mouton ou un veau le plus souvent) dont la viande sera partagée avec la famille, l'entourage et les personnes qui ne peuvent en acheter.

C'est LA grande fête familiale par excellence. L'équivalent de notre Noël.
De mon côté j'ai voulu profiter de ce week-end prolongé pour retourner à Istanbul que j'adore à chaque fois un peu plus.

Sur la route, en bus, dans de nombreux endroits j'ai pu voir des familles, des hommes s'affairer au sacrifice, et à la découpe des animaux dans des jardins, des terrains vagues, des parkings... un peu partout quoi!
A chaque fois une toile cirée bleue servait à poser les morceaux de viande. Par un espèce de lien étrange cette toile cirée me rappelait celle de la même couleur qu'on trouve dans les parcs partout au Japon à l'époque de Hanami : la floraison des cerisiers.
Toujours est-il qu'une athmosphère particulière flottait dans l'air: une athmosphère de convivialité, de religiosité aussi.
Une fois arrivée à Istanbul je choisis donc de trainer mes chaussettes dépareillées dans les mosquées histoires de percevoir un peu de cette ambiance.





(photo de gauche: derrière le paravent du coin pour les femmes, dans certaines mosquées
elles ne sont pas derrière un paravent: simplement derrière les hommes ou encore aux balcons dans les étages avec une belle vue sur la pièce
principale)

Celles de Sulthanamet sont plutôt calmes mis à part les quelques touristes inévitables et les immuables pigeons.

Par contre à Eyüp, quartier hautement traditionnel au bord de la Corne d'Or,
et quartier que j'adore, il y a déjà plus de monde! (qui a dit que porter le foulard était obligatoirement triste?)


On trouve aussi des moutons à vendre au poids.
et un abattoir dans un parking (Cliquer mais âmes sensibles et végétariens activistes s'abstenir)
Aux alentours, dans le cimetière qui mène sereinement au Café Loti haut perché les familles viennent prier et lire quelques prières.



Si vous pouviez au passage arrêter le diaboliser l'Islam ce serait quand même pas mal. Finalement les croyances sont les mêmes et le message en ce jour du sacrifice vaut bien celui de Noël. Un imam à Eyüp dans son sermon (de ce que je comprends avec mon turc tout naze évidemment) parlait d'unité malgré les différences, de solidarité, d'humilité et de piété. Il pourrait envoyer son discours à nos prêtres et on y verrait que du feu à la messe de Noël.
Si vous éteignez la télé quand vous voyez Sarko parce que vous êtes conscient du matraquage médiatique dont on est victime, vous pouvez commencer à éviter de vous laisser abrutir par les reportages récurrents sur le mauvais Islam qui fait un super chiffre d'audimat simplement parce qu'il joue sur la peur des gens et le besoin de se trouver un ennemi commun pour se sentir uni.
Enfin moi je dis ça... je dis rien...

Revenons à Istanbul. 

On ne peut que tomber amoureux de cette ville où on peut, à sa guise, assiéger les ponts pour pécher en se laissant porter par l'odeur des Balık Ekmeks (pains de poisson) qui embaume le quartier de Eski Camii et de Galata:

(le pont Galata ci-dessus
et la tour Galata ci-dessous)
Ou des groupes d'hommes dansent au son de ... la cornemuse, comme ça au détour d'une rue!

Ou les transports en commun ont un sacré goût de magie

(Ca change du RER B...)

Si ça nous vous a pas convaincu de venir me voir prochainement, dans un prochain billet je vous emmenerai vous balader à Eyüp et Fatih des quartiers populaires que nombres de turcs n'aiment pas (trop pauvres, trop sales, trop délabrés...), et que j'adore. On fera aussi une halte à Ortaköy, joli quartier posé sur le rivage du Bosphore.
Tags : escapade, islam, istanbul, photos, turquie, voyage
Je traine, c'est que ça prend du temps de mettre à jour ce blog et que je vadrouille pas mal en ce moment (et je ne m'en plains pas) mais j'ai passé une semaine tellement géniale dans la région de Van et de son lac à l'extrême est de la Turquie que je dois quand même vous en parler, même en retard, même brièvement, même mal!
Alors voilà : une semaine de vacances surprise pour cause de nombreux cas de grippe porcine dans la région d'Ankara, c'était l'occasion rêvée pour Karine et moi de partir vers cette région proche de l'Iran qui nous appelait chacune depuis un moment (oui, il y a des régions qui appellent! C'est comme ça!)

Averties de ces congés surprises le dimanche soir (alaturca...comme on dit hein!) le lundi matin on saute dans un avion pour Van. Je vous parlerai plus tard de la région, de son lac, du palais d'Ishak Pasa, du mont Ararat (que des lieux mythiques)... pour parler d'un moment clé des vacances. Alors que nous avions repris la route qui nous ramenait de la région du mont Ararat vers le lac de Van, nous croisâmes (n'est-ce pas!), au milieu de... franchement rien, un village en bord de route. Musique, couleurs, danses... notre vilaine curiosité nous forçat à nous ranger sur le bord de la route (de toute façon déserte) et d'aller trainer nos vilaines baluches de touristes jusqu'à la fête!

A peine arrivées dans le village on nous souhaite la bienvenue de partout! On est arrivé en plein dans un mariage kurde. On a été accueilli, tout simplement, sans se poser de questions, simplement parce qu'on était là, on nous a fait danser, manger, observer la cérémonie... Les enfants nous on a fait une fête du tonnerre et ça a été une joie de pouvoir baragouiner avec eux. C'est dans ces moments là que nos cours de turc prennent tout leur sens. Pas obligées de se contenter d'hocher la tête et de sourire, on parle, on se rencontre, on se pose des questions, on répond aux leurs... un super moment de fête et de partage!

Je pourrais vous raconter la cérémonie, la remise des cadeaux sous forme de billets ou de médaillons en or, la tronche de la mariée, le menu, les hommes qui mangent avant les femmes, les enfants qui débattent de leur identité (turque et/ou kurde), du notable du coin qui vient nous parler en anglais cassé, ... c'est vrai. Je pourrais et ce serait surement très intéressant, mais je préfère vous faire partager par quelques images la bonne humeur de ces quelques heures pleines de sourire quelque part, un moment, hors du temps perdu au milieu de la steppe anatolienne!











Un moment, simplement, beau.
Il y a quelques semaines pour le Seker Bayram (fin du ramadan) on avait de petites vacances (fort bienvenues).
Il faisait encore beau et doux. J'avais envie de prendre la route. De conduire et de me laisser abrutir par les kilomètres comme je sais si bien le faire.
J'aurais pu prendre un bus pour faire le trajet qui allait m'amener à 1000 bornes d'Ankara, mais j'ai préférer louer une vieille bagnole toute pourrave : La désormais culte Tofas (pas ou peu de freins, pot d'échappement qui semble être à l'intérieur de la voiture, essuie-glaces fantaisistes qui marchent quand ils veulent et pas quand on en a besoin, ...) et comme dirait l'autre "Hit the road Jack", accompagnée de mon accolyte Karinette.
Pendant bien 400 bornes la plaine anatolienne offre un paysage morne de poussiéreuses étendues vides que je crois bien être la seule à aimer.
On fera une escale auprès du lac de Egidir,

Première nuit dans la Tofas qui s'avère étonnamment confortable.
Petit dèj de roi carrément posé sur le lac et seules au monde.



Et puis ça suffit de trainer on a encore beaucoup de route, d'autant que Karine n'est encore jamais allée voir Pamukkale (le chateau de coton) et ses terrasses étincellantes. 
Quitte à être dans le coin (bon c'est comme être à Toulouse et se dire que pour aller à Biarritz on va passer par Bordeaux... pas tant dans le coin que ça!) on y va! J'y étais déjà allé avec Mum il y a ... déjà 7 ans!
M'y revoilà et c'est toujours aussi beau!

Nous on se prélasse (un bout de ma royale personne en exclusivité d'un bac à eau de Pamukkale)
(zavez bien fait de venir tiens!)
On regarde passer les jolies touristes (une petite photo pour ces messieurs ;o)
(quand je vous disais que vous aviez bien fait de venir, voilà de la blonde en mini jupe!)
On s'amuse avec nos zappareils photos.

Pamukkale c'est aussi un site antique de toute beauté dans un décor assez sympatoche. On profitera du coucher du soleil du haut du superbe amphithéâtre 
avant de rouler jusqu'à la fameuse Péninsule de Datça: notre destination finale où on passera une autre nuit dans notre voiture adorée.
Ca y est on a fait nos 1000 bornes et pourquoi? Au réveil on découvre un paysage méditerranéen, des oliviers, du soleil, des pins, des chèvres et une mer sacrément bleue. Le bonheur



La pointe de la péninsule est complètement sauvage mis à part quelques petits villages qui font très grecs et un site archéologique qui se mêle au décor. Quelques plaisanciers aisés, un café turc, le vieux Datça tout en pierre magnifiquement restauré, bref un sacré coup de coeur pour ce bout de terre qui s'avance sans peur ni reproche dans la méditerranée.





Malheureusement il est déjà temps de rentrer à Ankara. Nos barbares d'élèves adorés nous attendent de pied-ferme demain matin. Un dernier café et on se refait les 1000km en Tofas (elle a pas trop aimé....). On rentre à la maison mais on reviendra dans cette superbe région quand on aura besoin d'un plein de soleil et de baume au coeur!

Juste comme ça, je voulais partager avec vous les sites d'autres voyageurs. (des vrais eux!) qui sont passés par ankara et que j'ai rencontré ou hébergés via ce site toujours aussi fabuleux qu'est Couch Surfing et où vous devriez tous être déjà inscrits.
Commençons par les plus récents puisque j'ai rencontré Marie et Vincent jeudi soir! Ils ont pris une année pour aller jusqu'à Kathmandou depuis Paris et ils s'auto-appellent the Delighted Caravan : tout un programme. Ils quittent donc à priori Ankara en ce moment pour la Cappadoce, Urfa/Mardin (ahhhh Urfa...) avant de continuer vers l'Iran et le Pakistan.
Et puis il y a eu Quentin. Passé il y a un an et toujours sur la route, en pleine réflexion, à la recherche de sa légende personnelle.
Gauthier qui marche de Paris à Shangaï. En ce moment en Inde, il commence à fatiguer....Tu m'étonnes!
Seb, un suisse qui lui, pédale! Son blog, ses textes et ses photos sont superbes.... Il arrive au Népal, au terme de son voyage mais vraiment ça vaut le goût de reprendre le blog au début!
Et comment ne pas parler de ce groupe qui se surnomme les toutenmarchistes, parce que... ils font tout en marchant! Un groupe de 8 personnes réunit autour et pour un projet: un tour du monde en marchant pendant... à priori 5 ans! Bref une sacré santé! Ils sont maintenant en Inde donc le blog n'est pas vraiment à jour mais on peut espérer qu'ils nous remettrons des récits et des photos!
Voilà quelques blogs que je suis en attendant de pouvoir moi aussi relier la Turquie et l'Inde... l'été prochain qui sait...?
Je vous donnerai aussi, un peu plus tard, les blogs qui parlent de la Turquie et que je suis. Parce que je suis à fond. Et que vous devez l'être aussi!!
Une fois pour toute je vais donner ici une réponse à tous ceux qui vont/envisage de/s'inquiète de venir s'installer à Ankara.
En effet je reçois régulièrement des mails de personnes tombées sur mon blog à la recherche d'infos pratique sur l'installation et la vie ici en Turquie et plus précisément à Ankara.
Ca me fait plaisir de donner ces renseignements sauf que c'est un peu répétitif...
Alors voilà une petite FAQ de la vie Ankariote.
Je cherche du boulot en Turquie, comment t'as fait pour en trouver?
Je suis prof de Français Langue Etrangère, diplômée et avec expérience. C'est dans ce cadre là que je suis venue suite à de longues démarches administratives (en majorité accomplies par mon école ici en Turquie) pour obtenir un visa de travail. J'ai trouvé ce boulot via le site fle.fr
Sans expérience ou sans diplôme ça me semble très difficile de venir travailler dans des écoles ou université turques en tant que prof.
Et pour ce qui est de tout autre domaine (ingénieur, coiffeur, ou autre) ma foi je ne sais absolument pas quelle entreprise ou institution vous pouvez contacter....
Est-ce qu'on ne s'ennuie pas à Ankara? J'ai lu partout que c'était une ville triste et poussiéreuse...
C'est une ville que tout le monde compare tout le temps à Istanbul et
forcément la comparaison n'est pas trop à l'avantage d'Ankara. Ville
nouvelle sans charme, paumée dans la steppe, un hiver long, même les ankariotes eux-même la déprécie. Certes ça n'a pas la magie d'Istanbul. Ce n'est pas Istanbul... MAIS!
Moi
je m'y sens bien. On y trouve tout le confort dont on a l'habitude. Pas
de problèmes pour les sorties, c'est une ville très étudiante. Bars, Boites, Concerts, Festosh de temps en temps...
Et puis on en bien placés pour rayonner
dans le reste de la Turquie pendant les week-ends.
La ville est à taille humaine, les loyers bien moins cher qu'à
Istanbul et rien n'empêche (au contraire) d'aller y passer de
sympatiques weekends. Bref. C'est pas le Pérou. Mais ya pas non plus de
quoi avoir peur.
Là où ça pêche c'est pour les
sorties culturelles. Il y a quelques trucs organisés par l'Institut
français de temps en temps. pas toujours très intéressant. Quelques
festivals de films ou de courts métrages sous titrés en anglais. Un
opéra et un théâtre où je ne suis pas allée. Mais forcément en ne
parlant pas turc ça limite quand même beaucoup les possibilités.
Est-ce que je dois me voiler/couvrir/procurer un chameau/sortir sans l'accord de tous les mâles de ma famille?
Aucune inquiétude à avoir. Ankara et
tout le reste de la Turquie "de l'ouest" est très occidentalisé. On y
sort, le soir, comme chez nous. Ce n'est pas du tout difficile d'y
vivre en tant que femme. A part la mosquée qui chante 5 fois par jour, pas de différence notoire dans le style de vie, même si les plus anciens restent parfois plus conservateurs.
COmment apprendre le turc? Est-ce que c'est nécessaire dans la vie quotidienne (anglais?)? Est-ce que c'est difficile.
J'ai pris des cours de turc. Je pense que c'est nécessaire. A Ankara ou dans des villes moyennes on finira toujours par vous trouver quelqu'un qui baragouine l'anglais. Mais pour voyager, parler un peu turc ne peut qu'être bénéfique!
Il y a plusieurs écoles à Ankara qui donnent des cours du soir pls ou moins intensifs.
J'ai pris 3 ou 4 mois de cours
du soir (6h par semaine, 3h deux soirs par semaine) et c'est déjà très
bien pour se débrouiller au quotidien. (Compter de 150 à 300 euros la session de 2 mois)
Il parait qu'on peut faire du ski près d'Ankara....
Le ski j'y suis allée une
fois, c'est assez loin d'Ankara quand même et il y a 3 pistes donc il ne faut pas
s'attendre à quelque chose d'extraordinaire mais c'est déjà ça.
Trouver un logement, comment? pour combien?
On les trouve comme chez nous: par agence, sur internet... Si vous venez dans le cadre d'un boulot/de la fac/d'un stage... la structure vous aidera très certainement.
Les loyers à Ankara dépendent évidemment du quartier et du standing mais j'en ai un très bien (non meublé) de 120m² avec 3 chambres près du centre pour 600TL (environ 300 euros)
Pour la coloc, si ça vous intéresse, c'est très facile à trouver puisque tous les
apparts ici sont très grands et que à peu près personne ne vit seul.
Comment ça se trouve? Il y a peut être des sites mais je n'en connais
pas. A priori c'est beaucoup de bouche à oreille. Je peux faire tourner l'information on ne sait jamais!
Voilà pour l'essentiel. Ca n'a d'autre valeur que mon expérience et ma subjectivité.
Evidemment si vous avez d'autres questions ou des compléments d'infos ou juste envie de dire bonjour parce que vous arrivez bientôt à Ankara, n'hésitez pas!
Sachez juste que la Turquie est un pays vraiment accueillant, agréable à vivre et que vous pourrez certainement compter sur les gens autour de vous pour vous aider au quotidien tant l'hospitalité turque est réelle!
Et puis pour la famille et les copains mon retour à Ankara et au boulot après les vacances en France se passe bien même. Il fait encore beau et doux, mais on sent pointer l'hiver certains matins frisquets.
J'ai pris mon billet pour rentrer à Noël et un réveillon s'organise sur Paris.
j'ai mis mon projet 365 presque à jour (juillet/août).
Et puis j'ai fait un petit road-trip vers la côte sud-ouest de la Turquie à l'occasion du Seker Bayrami (les congés de la fin du ramadan). C'était beau. Sauvage. Ensoleillé. Très méditerranéen. Bref magnifique.
Un petit avant goût en attendant un récit plus détaillé:

Istanbul, 31 Août 09.
Les réflexes sont revenus instantanément. Moi qui croyait avoir tout oublié de mes quelques bases de turc, elles ont été subitement arrachées à mon inconscient par les questions (et le sourire) du (charmant) controleur de passeport à l'aéroport de Sabiha Gökçen, Istanbul.
Après 2 mois français, un peu malgré moi, 2 mois à mendier quelques échanges en turc avec les vendeurs de kebabs de l'avenue de Clichy, me revoilà plongée dans la la langue et le pays. Je suis rentrée.
4h du matin, la navette de l'aéroport me dépose à l'otogar de Harem, gare routière posée au pied du Bosphore. Ma préférée. De là: Sainte-Sophie, le palais de Topkapi, et les minarets de la mosquée bleue illuminés et surplombant l'obscurité.
Suis-je jamais partie? Ai-je réellement revu Tarek?
Je m'installe à la terrasse d'une gargotte en attendant mon bus pour Ankara. Le tenancier me prend pour une allemande d'abord, et puis sous son aile après.
Le thé sera offert. Evidemment. A boire rapidement, le lever du soleil est proche. La preuve! La mosquée se met à chanter et elle chante de partout. Elle chante le début du jeûne. On est en plein ramadan, ou ramazan comme on dit ici.
Mon nouveau protecteur m'explique qu'il va laisser sa cabane à çorba et çay à une jeune fille pour la journée. Elle est roumaine et catholique. C'est plus facile pour elle de servir à manger et à boire par cette longue et chaude journée du mois d'Août. POur lui, la tentation serait dure.
Et la mosquée chante encore. Il paraît que le jour va se lever mais Istanbul est encore très noire. Hébétée de chagrin
Abrutie de fatigue, je me laisse bercer par la douce sensation d'être rentrée et les rauques mélopées de l'appel à la prière.
Tags : istanbul, turquie, voyage
Ma note: 3/5 (Un livre qui est comme une rencontre)
Le topo: A quelques mois de la retraite, Mohamed n'a aucune envie de quitter l'atelier où il a travaillé presque toute sa vie depuis qu'il est parti du bled.
Afin de chasser le malaise diffus qui l'envahit, il s'interroge sur lui-même avec simplicité et humilité. Il pense à son amour profond pour l'islam, dont il n'aime pas les dérives fanatiques ; il se désole de voir ses enfants si éloignés de leurs racines marocaines; il réalise surtout à quel point la retraite est pour lui le plus grand malheur de son existence.
Un matin, il prend la route de son village natal, décidé à construire une immense maison qui accueillera tous ses enfants. Un retour " au pays" qui sera loin de ressembler à ce qu'il imaginait.
Ma rencontre avec ce livre:
Elle n'a pas été de tout repos. En effet il m'a été envoyé dans le cadre de l'opération Babelio alors que j'étais encore en Turquie. Ma soeur en a profité pour l'embarquer avec elle... en Equateur. Sans me le dire.
Du coup moi je l'ai cru perdu par la poste et après moultes aventures (passionnantes, n'en doutez pas!) j'en ai retrouvé la trace. Il s'était baladé en Equateur. PEut être même au Pérou et en Bolivie (certaines étapes de son passé restent au jour d'aujourd'hui obscures) et se trouvait, enfin, à Bordeaux.
Il m'a été envoyé par la poste à Chanteuge, centre de la France, très joli village où je me trouve à présent. Et le voilà, comme son personnage principal, rentré, après l'exil, au pays. ^o ^
Mon avis:
J'ai trouvé très touchante l'histoire de cet homme qui a traversé sa vie doucement et se rend compte à la fin qu'il est seul.
Un homme qui a tenu à vivre selon ses valeurs, un homme qui aime sa religion: celle qui l'appaise et le console, un homme qui aime aussi profondément ses enfants sans pourtant vraiment les connaître ni savoir se faire aimer d'eux, un homme bon et droit qui passe pour un homme faible et s'en attriste, un homme qui n'est pas pour autant dépourvu de révolte ou d'indignation, un homme têtu avec la tête pleine de rêve.
Quant il décide, à la retraite, de réaliser son rêve: construire une maison aussi grande que son coeur pour y réunir toute sa famille, est-ce trop demander? , il se heurte à la réalité, bien moins douce. Les enfants ont leur vie. Ils sont des françaouis. Et lui, est seul. Amertume.
Cette amertume nous reste collée aux basques une fois le livre fermé, sentiment mêlé à plein d'autres, en vrac, plein de tendresse pour ce bonhomme au coeur plus grand que son destin, l'envie de continuer à rêver sa vie, la tête pleine des vents et du sable qui balaye son bled et finiront par l'ensevelir, l'intuition que la fin de sa vie doit être comme ça: seule, désabusée mais aussi douce et réconfortante.
De Ben Jelloun je n'avais lu que "Partir" et j'y avais trouvé une certaine extravangance dans une histoire un peu à la Almodovar. Cette fois au contraire je trouve le récit très pudique, un portrait d'homme tout en douceur. J'ai l'impression d'avoir rencontré Mohammed et j'ai envie de dire "Enchantée".
Tags : culture, exil, identité, interculturalité, islam, livre, livre offert, voyage
Ma note : 4/5 (ce que j'aurais pu/voulu écrire, mais en beaucoup mieux)
Le topo:
Composé par une jeune femme de vingt-cinq ans, ce premier roman sensible et ténu est le récit d’une passion double: pour un pays et pour un homme. Il est imprégné des mille couleurs et odeurs de l’Afghanistan, terre violente et envoûtante où l’amour peut germer.
Ma rencontre avec le livre:
Voilà un livre qui m'avait accroché par son titre il y a quelque temps sur la toile. On imagine tout plein de choses à la lecture d'un titre pareil. Je me suis, tout de suite, imaginée un destin extraordinaire où se mêlent la passion, l'aventure, les milles et unes nuits, la route, l'Orient...
J'ai retrouvé par hasard ce livre à la bibliothèque du quartier alors que j'avais la charge de sélectionner les livres que toute la famille va lire cet été. (La ceuillette a été bonne d'ailleurs).Et voilà.
Mon avis:
C'est un livre qui parle d'amour. D'amour pour un homme. Et d'amour pour un pays qui est l'Afghanistan.
"On dit que le grand amour est un voyage" raconte la 4eme de couverture. Et c'est vrai. Et c'est peut être pour ça que je suis tout autant amoureuse du voyage que de l'amour.
Certains diront que le style est saccadé parce qu'on passe indiféremment d'un amour à l'autre.
POur ma part, je me suis complètement laissée embarqué par cette analogie et happée ce livre.
La fascination de l'auteur pour l'Afghanistan où elle a enseigné le français (...) se développe et s'épanouit, s'envole au fil des pages. C'est très très bien écrit et terriblement contagieux.
L'histoire d'amour, elle, à l'inverse, s'affaisse, et atteint son point de chute dans une rencontre pleine de poésie avec le roi d'Afghanistan.
Ce livre est un voyage. Ingrid Thobois a un parcours qui ne me laisse pas indifférente et un talent que j'envie pour conter son amour du voyage et la passion amoureuse.
Contente de l'avoir lue.
Je suivrai ses publications. Voilà quelques liens pour en apprendre plus sur elle.
Camii en turc ça veut dire mosquée. Habituez-vous. Ca reviendra, je vous testerai (une prof en vacances a besoin de se rabattre sur quelque chose)
Et les belles et grandes mosquées, à Istanbul, c'est pas ce qui manque, et je ne les ai pas toutes visitées.
En voilà une en tout cas que j'ai beaucoup aimée c'est la Mosquée de Eyüp Sultan.
J'ai déjà aimé le quartier où on était logé: populaire, vivant et avec une vue resplendissante sur la Corne d'Or et une grande partie du côté européen d'Istanbul.
On a marché jusqu'à la mosquée qui est LE lieu le plus saint d'Istanbul et parmi les lieux saints les plus vénérés pour les musulmans. Elle a été construite en l'honneur d'Eyüp el-Ensari compagnon du prophète Mohammed (l'équivalent des disciples de Jésus si vous voulez) qui y serait mort et où on trouve son mausolé.




J'ai une affection particulière pour la photo ci-dessus. Certes elle n'a rien d'exceptionnelle mais le moment était plein de tendresse. Le papa apprenait à son fils à prier. Le petit garçon en casquette observait son père les yeux pleins d'admiration et suivait religieusement tous ses mouvements. C'était beau à voir.
Ils sont sortis main dans la main avec sur le visage du garçon un regard empreint de fierté.
Cette mosquée c'est aussi le lieu où viennent les petits garçons qui fêtent leur circonscision dans des habits de petits princes.
Et visiblement quelques nouveaux mariés resplendissants.
Je me suis laissée prendre par le mélange d'agitation et de religieuse sérennité qui flottait dans l'athmosphère.








(C'est ça la Turquie. Une femme voilée qui lit le coran à côté d'une minette en basket qui pianotte sur son portable tendance)
Ambiance.
Hadi (=allez)
La suite.
Que faire à Urfa?
Plus ou moins ce qu'on y a fait. Trainer au bazar, ça c'est fait. S'installer prendre un patlican kebab sur un tabouret au milieu de l'agitation locale, ça c'est fait. Aller au hamam, ça c'est fait. Acheter un tapis, ça c'est fait
.


Mais que disent les guides? Ah oui! Les visites qu'il faut faire. Bon ben c'est parti.
D'abord, ici, quand tu dis que tu vas à Urfa tout le monde te demande si tu vas aller au lac de poisson. "Balikli göl". Alors, toi tu n'as même pas ouvert un guide touristique et tu ne sais absolument de quoi il peut s'agir.
Et puis tu arrives à Urfa et tu comprends.
Il y a ce grand parc, plein de roses et de visiteurs, une source de fraicheur merveilleuse au milieu de la ville quelque peu étouffante.

Et dans ce jardin se trouve un joli plan d'eau, de petits canaux, quelques bassins et fontaines, un vrai bonheur


Et dans ces bassins, effectivement se trouvent des poissons, des carpes plus exactement.
Mais pas 5 ou 6 carpes qui se baladent lascivement dans tout cet espace, non des centaines, de milliers de carpes affamées


qui se jettent sur les ptites granules que leur jettent les très nombreux visiteurs.


Parce que figurez-vous que les bestioles sont sacrées. En effet, Urfa est un lieu important de pélerinage pour les musulmans du pays car y est né le prophète Abraham qui est un prophète qu'ont en commun les chrétiens et les musulmans (avec de nombreux autres prophètes et Jésus). C'est aussi ici que, selon la légende (je copie) Abraham,
qui avait détruit des idoles païennes, devait être
immolé sur ordre du roi Nemrod. C’est alors que survint un
miracle: Dieu transforma le feu en eau, les bûches en poissons et
Abraham s’envola pour atterrir sur un lit de roses. D’où les
jardins pleins de roses, et les deux grands bassins habités par
des carpes bien dodues!
Pour en rajouter on dit que quiconque attraperait une carpe deviendrait instantanément aveugle et ce pour protéger les poissons et leur assurer une vie tranquille de goinfrade aux frais des touristes qui s'en donnent à coeur joie.
Toujours est-il que le jardin est un vrai plaisir à arpenter. De plus il est bordé de mosquées et écoles coraniques paisibles, et aux couleurs miel













La Turquie est un pays jeune, comme toujours les enfants sont partout



Urfa est une ville vraiment agréable pleine de charme et de personnalité mais comme on avait le temps on a quand même décidé d'en sortir pour aller voir les 2 sites connus des environs.
Le premier c'est Göbeklitepe. Un site archéologique étonnant découvert depuis peu. Il s'agirait du plus ancien temple jamais découvert puisqu'il date de entre - 11500 et -10000 avant notre ère soit 70 siècles avant les pyramides égyptiennes soit, bon, très très très vieux quoi.
Notre guide nous a raconté qu'un paysan kurde du coin avait découvert une statue en pierre qui l'avait intrigué. Il l'avait amené jusqu'au musée de Urfa qui l'avaient jeté comme un mal propre. La statue était grossière et représentait un homme avec un pénis vraiment proéminent. Ils ont pensé avoir à faire à un huluberlu (jaffectionne beaucoup de mot) et l'ont renvoyé chez lui. Le pauvre bougre avait déjà bien peiné à apporter la statue qui était lourde et il a décidé de la laisser au musée.
Ce n'est que bien plus tard, quand une équipe un peu plus éclairée est tombée sur la statue qu'ils se sont rendu compte de l'importance du truc et qu'ils sont repartis à la recherche du paysan et du site.
Aujourd'hui le site est encore en partie enseveli et c'est d'autant plus intéressant de le voir comme ça. ca permet d'imaginer ce qui reste à trouver. De comprendre l'ampleur de la découverte.

Des gravures ont survécues à tout ce temps et c'est vraiment impressionnant de se dire les millénaires qu'elles ont traversées pour se présenter aujourd'ui à nos yeux.

Le site situé au sommet d'une colline surplombe la plaine mésopotamienne. On y trouve du vent et donc de la fraicheur, et la beauté du paysage qui s'offre à nos yeux complète agréablement la visite.


Si la zone, à la base très aride, est aujourd'hui cultivable c'est grâce au projet GAP mis en place par Atatürk (évidemment) et qui compte une vingtaine de barrages dans le pays. Hors ce projet est problématique puisqu'il permet à la Turquie de controler l'accès à l'eau de plusieurs de ses voisins et surtout l'Irak et la Syrie qui n'apprécient pas vraiment... Mais je vous en reparlerai à l'occasion.
Bref, ce post n'en finit pas...
POur finir donc, nous sommes allées à Harran ville chargée d'histoire, citée dans la Genèse, où aurait vécu Abraham, où on trouve une belle et majestueuse citadelle aux voutes immenses


Et où les maisons ont des aspects de termitières géantes


Hadi, vite vite, la photo de touristes

Et où on trouve les vestiges d'une mosquée et de la première université coranique du monde musulman

Bon je finis parce que j'en ai marre et vous aussi.
Mais bon vous avez regardé les images et avez compris que Urfa c'est bien!
Pas seulement parce qu'on y mange bien et que le bazar est top mais aussi parce qu'il y a de la Kulture!
Youhou!
Allez-y!
C'est tout pour aujourd'hui.
Tags : Moyen-Orient, photos, turquie, Urfa, voyage